Le casse de l’Union de Banques Suisses

Hold-up comme dans les films, à Genève en 1990

«Dimanche matin, en plein centre de Genève, 4 ou 5 bandits armés ont commis le plus gros hold-up de l’histoire policière suisse! A la rue du Rhône, au siège de l’Union de Banques Suisses de Genève, ils ont raflé pour 35 millions de francs en monnaies étrangères. En ouvrant une dizaine de coffres-forts, sans effraction, et sans déclencher l’alarme. Tout fait penser qu’ils ont bénéficié de complicités à l’intérieur de la banque. La Police interroge les seuls témoins du casse: quatre employés retrouvés ligotés et bâillonnés dans la loge du gardien de l’UBS. Malgré une surveillance renforcée aux frontières, les bandits courent toujours.

Dimanche matin, 9h30, au bout des Rues Basses. Dans ce quartier d’affaires, tout dort encore. Un passant traverse le passage des Lions lorsqu’il aperçoit, derrière la porte vitrée du No 6, l’entrée du personnel de l’UBS, un homme bâillonné dans la loge du gardien. Le passant se rue sur un téléphone et, quelques mi­nutes plus tard, la Police est sur les lieux.

Dans la loge et dans un cabinet attenant, elle découvre 4 hommes, dont 2 gardiens de l’UBS, plus le ­concierge du passage des Lions, et un employé qui venait mettre les pendules à l’heure d’été. Tous menottés, attachés, la bouche et les yeux bouchés au sparadrap, l’un a les chevilles ligotées avec du fil de fer. Un autre, gardien à l’UBS, est blessé au visage: il a reçu des coups de crosse de pistolet. Transporté à l’hôpital, il en est ressorti dans l’après-midi.

C’est beaucoup plus loin, au bout d’un parcours tortueux et compliqué, que la Police découvre, dans le secteur des valeurs étrangères du siège de l’UBS, une dizaine de grands coffres-forts ouverts: quelques liasses de billets traînent encore, des lires italiennes et des francs CFA que les bandits ont abandonnés, de même que deux sacs de sport. Selon l’UBS, 35 millions de billets de banque étrangers se sont envolés, pesant quelque 200 kg. Aucune trace d’effraction: apparemment, les bandits disposaient des clefs et des codes pour ouvrir les coffres et déconnecter l’alarme. Bizarre, bizarre. […]

Tout s’est passé si vite que les témoins n’ont pas vu grand-chose. Les bandits étaient 4 ou 5, tous armés de pistolets. Ils sont restés une bonne heure au siège de l’UBS où ils ont pénétré après avoir neutralisé le système d’alarme, déjà dans la loge du gardien. Comment? C’est encore un mystère.

Ils se sont ensuite enfuis, vraisemblablement à bord de deux voitures, que des témoins avaient remarquées à la rue du Commerce: bizarrement stationnées en épi, elles semblaient prêtes à partir très rapidement par la rue du Rhône. Il s’agit d’une Renault Espace grise, et d’une petite voiture de marque inconnue de couleur foncée. Toutes deux étaient immatriculées en France, plaques 74 (Haute-Savoie).

Selon les déclarations des témoins, les quatre bandits sont de type européen, et âgés de 35 à 50 ans. Le premier, âgé de 40 à 45 ans, 1m80, grisonnant, parlait français avec un accent du sud. Un second, âgé de 35 à 40 ans, plus petit, cheveux bruns et visage joufflu, portait un imperméable beige, couvrant plusieurs couches de vêtements. Un troisième d’environ 50 ans, 1m75, carré d’épaules, était très élégamment vêtu d’un complet prince de Galles, cravate et chemise. Le quatrième portait une perruque, des lunettes, un blouson de nylon noir et un pantalon foncé. La Police va établir des portraits-robots à diffuser à l’étranger.

La direction de l’UBS tient à préciser qu’aucun coffre personnel n’a été fracturé. »

« Apparemment, les bandits disposaient des clefs et des codes pour ouvrir les coffres et déconnecter l’alarme. Bizarre, bizarre »

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