«Si cet impôt est supprimé, nous reviendrons à Lausanne. La ville a de bonnes infrastructures et est géographiquement centrale en Suisse romande», dit Vincent Sager, directeur d'Opus One. Il y a quelques années, Opus One organisait 45% de ses concerts en ville de Lausanne, sans compter la patinoire de Malley - située sur la commune de Prilly. «Aujourd'hui, ce n'est que la portion congrue, nous organisons tout à Genève ou à Montreux.»

En chœur, à l'image de Vincent Sager, de Michael Drieberg de Live Music productions ou de René Hess, directeur de HR Music, les principaux organisateurs de concerts en Suisse romande promettent de produire à nouveau des artistes dans les salles de la capitale vaudoise si l'initiative de supprimer l'impôt de 14% sur les divertissements devait aboutir. Cette dernière a été lancée hier par un comité réunissant les partis de la droite lausannoise qui a désormais trois mois pour récolter environ 8300 signatures (10% du corps électoral).

«Tous les autres instruments démocratiques ont été utilisés», dit Gilles Meystre, secrétaire politique des radicaux vaudois, en référence aux nombreuses et vaines tentatives de la droite d'attaquer l'impôt au parlement de la Ville. Lausanne est la dernière en Suisse à maintenir cet impôt (lire en page 2). En 2001, une pétition réunissant environ 8000 signatures avait déjà été déposée.

Contrairement à l'argument qui avait alors été utilisé, les initiants ne vont pas promettre une baisse du prix des tickets de cinéma et de spectacle. «Les gens peuvent espérer ne plus devoir se déplacer à Genève pour voir un concert et avoir une offre densifiée. Nous ne sommes pas dans le cadre d'une économie planifiée et nous ne pouvons pas imposer aux organisateurs des prix à la baisse. Nous n'allons donc pas le promettre, ce ne serait pas honnête», dit Gilles Meystre.

L'impôt, qualifié «d'obsolète» par ses détracteurs, rapporte chaque année 5,5 millions de francs aux caisses de la Ville, soit 0,4% des revenus. Ces dernières années, la coalition rouge-rouge-verte au pouvoir à Lausanne a toujours refusé de le baisser ou de le supprimer. Ce printemps, la municipale socialiste Silvia Zamora, chargée de la Culture depuis plus de deux ans, avait avoué qu'elle avait «changé d'avis» (LT du 04.06.2008) et que maintenir cet impôt ne lui semblait désormais «pas tenable».