Un index pour mesurer le stress au travail

Santé Développé par Promotion Santé Suisse, l’outil est diversement apprécié

Près d’un quart des actifs en Suisse sont stressés et épuisés, selon une étude menée auprès de 3484 employés par des chercheurs de l’Université de Berne. Un fléau qui coûte cher: une amélioration des conditions de travail permettrait aux entreprises d’économiser 5,58 milliards de francs par an, estime l’étude mandatée par Promotion Santé Suisse. Plusieurs facteurs de stress sont identifiés: rythmes, problèmes d’organisation, surmenage, conflits avec la hiérarchie ou entre collègues. Et des «ressources» qui permettent d’atténuer le stress: autonomie, feedback ou estime générale dans l’entreprise. Ainsi, les personnes jeunes et sans fonction dirigeante souffriraient davantage de stress que les chefs, relève l’étude, car elles possèdent moins de marge de manœuvre.

Job Stress Index

Constatant qu’il n’existe pas d’évaluation régulière de la santé psychique au travail, Promotion Santé Suisse compte publier chaque année un index du stress au travail – le Job Stress Index – en vue d’améliorer les conditions de travail au sein des entreprises. Un monitoring utile, s’il permet une meilleure «prise de conscience» du phénomène, estime Olivia Guyot-Unger, de la Fédération des entreprises romandes. Mais l’outil ne fait pas l’unanimité au sein du patronat: «Répéter sans cesse que les employés sont épuisés est contre-productif: cela ne fait qu’augmenter la sensibilité au stress», estime Philipp Bauer, de l’Union patronale Suisse (UPS). Les scientifiques sous-estiment les conséquences des pressions issues de la vie privée, dit-il: «Il faudrait comparer les personnes actives avec celles qui n’ont pas d’emploi. Objectivement, les conditions de travail se sont améliorées au cours des 30 dernières années.»

L’Union syndicale suisse (USS) n’est pas de cet avis: elle dénonce dans son dernier communiqué mardi «les cadences et la pression des délais» élevées en Suisse: «Pratiquement aucun pays européen ne connaît plus de stress que le nôtre.» Le syndicat Unia, de son côté, mène une enquête sur les pressions subies par les employés au sein des entreprises horlogères de Suisse romande dans le but d’établir en 2015 une cartographie du stress. «Les syndicats ont trop longtemps laissé de côté les pathologies psychiques liées à l’intensification des cadences et des charges de travail», souligne Pierluigi Fedele, membre du comité directeur, responsable de l’industrie horlogère de la branche.