Bravement, la Conférence des recteurs a donné son accord à la publication des résultats 2004 de la comptabilité analytique. Il s'agit d'un résultat intermédiaire, souligne son président Jean-Marc Rapp. Mais ces chiffres fournissent déjà un bon instrument de pilotage pour les universités elles-mêmes.

Articuler des choix

Ils ne doivent pas, toutefois, tenir lieu de politique. Ils doivent permettre de mieux articuler des choix qui doivent continuer à tenir compte de toute une série d'autres critères. A commencer par la qualité de l'enseignement, dont le rapport avec les coûts ne peut, pour le moment, pas être examiné.

Les universités suisses, précise le recteur lausannois, sont engagées dans une démarche d'évaluation de la qualité. Il s'agit toutefois d'un problème complexe, qui doit prendre en compte de nombreux facteurs débordant le seul enseignement.

En attendant, les chiffres seuls sont redoutables pour les petites disciplines comme la théologie, dont le coût par étudiant atteint un niveau record dans la catégorie des sciences humaines (lire tableau ci-contre). Cela ne devrait pas les condamner, estime Jean-Marc Rapp: des raisons politiques, voire culturelles et historiques peuvent parfaitement justifier de consentir des investissements proportionnellement plus élevés dans de tels enseignements. Tout comme le choix de se donner un domaine d'excellence, auquel seront consacrés des moyens supérieurs à la moyenne.

Autant de considérations qui n'empêchent pas Jean-Marc Rapp de rêver au jour où les universités suisses pourront valablement se comparer avec leurs concurrentes étrangères les plus performantes.