Il a 36 ans, il fut un «adepte» de la Dolce Vita, et il est avocat dans une étude de la place lausannoise. Laurent Maire a été désigné jeudi comme président du Conseil de la fondation qui chapeaute les Docks. Dans la tourmente, le premier directeur de la salle de rock, Emmanuel Gétaz, a été licencié en janvier, puis c'était au tour du président de la fondation, l'architecte Jean-Baptiste Ferrari, de démissionner. Les Docks affichent un déficit de plus de 500000 francs en 2006 et auront un gros besoin de refinancement pour cette année.

Laurent Maire a été approché par des membres du conseil, qui comprend quelques notables et musiciens ainsi que deux municipaux, Oscar Tosato et Silvia Zamora. Sa nomination relève de la municipalité car la fondation a été créée par la Ville. Le nouveau président reste encore prudent sur ses options, se disant «conscient de la complexité de la tâche».

«Je sais lire un bilan»

Dans le climat politique agité que génère la question des Docks, il s'estime «passivement épargné, puisque je ne suis pas membre d'un parti». «Je veux que les Docks aient les moyens d'accomplir leur tâche, même si celle-ci doit être redéfinie par la Ville. La salle doit offrir un maximum d'artistes au public, ainsi que servir de référence pour les musiques actuelles, et de tremplin pour les jeunes groupes. Il faut un budget réaliste, et que les ambitions soient en adéquation avec les moyens», indique-t-il sans préciser s'il songe à une réduction du budget.

Laurent Maire n'a pas d'expérience dans le domaine du spectacle, mais il évoque sa double formation juridique et économique, en particulier en droit commercial: «Je sais lire et comprendre un bilan.» Ce qui, en effet, peut se révéler utile au vu des conclusions accablantes d'un audit récemment publié (LT du 10.02.07). Le nouveau président se réserve aussi à propos des recommandations de Daniel Rossellat. Le patron de Paléo recommandait notamment l'abolition de la taxe sur les divertissements et la levée des limites horaires de la salle.

L'une des priorités sera de «nommer définitivement» la direction, aujourd'hui assurée par intérim par l'administrateur Jean-Marc Moffa. Silvia Zamora indique toutefois que cette succession ne sera pas à l'ordre du jour avant l'étude de crédits additionnels par le législatif, prévue en juin.