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L’un des deux avions restant de Ju-Air décolle de Dübendorf, 13 jours après le crash du Piz Segnas.
© Fabrice Coffrini / AFP

Aviation

Un Junkers de Ju-Air reprend les airs

Un Ju-52 a redécollé vendredi depuis l’aérodrome de Dübendorf, treize jours après la catastrophe dans laquelle vingt personnes avaient trouvé la mort. Les dirigeants de la Ju-Air réitèrent leur confiance dans les mesures de sécurité et la compétence de leur personnel

La conférence de presse a débuté par une minute de silence et 20 bougies allumées dans un hangar vide. Sur un podium, l’imposante masse d’un Junkers 52 modèle 1939 et, plus loin sur le tarmac, un deuxième appareil prêt à prendre son envol après deux semaines d’immobilisation au sol. Le décor dans lequel se sont exprimés les responsables de la Ju-Air vendredi matin était théâtral, leur ton, grave.

Lire aussi: Le crash d’un avion suisse de collection a fait 20 morts

Le crash du 4 août de l’un des trois Ju-52 de la compagnie – le premier accident en trente-six ans d’existence – annonce, selon le directeur de la Ju-Air Kurt Waldmeier, «le début d’une nouvelle ère». Lui-même compte 5000 heures de vol aux commandes de ces appareils. Il estime que l’identité de sa flotte aérienne «unique au monde» vient d’être modifiée à jamais.

Seuls 10% des clients ont renoncé à leurs vols

Malgré le traumatisme survenu au sein de la petite entreprise de passionnés, le principal message adressé aux journalistes est un message de continuité: il faut aller de l’avant et reprendre les vols. Car les responsables restent confiants quant à leurs pilotes, leurs appareils et l’expertise de leurs équipes au sol. Sur 16 pilotes, 15 se sont déclarés prêts à reprendre leurs activités. Quelque 80% des clients ayant réservé leurs vols en avance ont confirmé vouloir s’envoler dans un de ces vestiges de l’histoire de l’aviation, 10% ont préféré repousser et seuls 10% ont renoncé à l’expérience. Une preuve de confiance qui encourage Kurt Waldmeier.

Autre encouragement, le feu vert des autorités fédérales, qui ont autorisé les avions à reprendre les airs à certaines conditions. L’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) exige de la compagnie Ju-Air qu’elle applique des hauteurs de vol minimales supérieures à celles prescrites par la législation. Les avions doivent aussi embarquer un enregistreur de données GPS afin de permettre de tracer les vols. Enfin, les passagers doivent rester attachés durant le vol pour éviter de déséquilibrer l’avion. Cela s’applique également aux visites dans le cockpit.

Lire également: «Les avions historiques ne sont pas dangereux»

Les responsables des pilotes et de la technique redoublent d’efforts pour expliquer les mesures de routine considérables prises pour assurer la sécurité. Andreas Züblin détaille ce que l’équipe du sol développe de soin et de minutie pour vérifier chaque boulon, chaque conduit des appareils et les contrôles externes auxquels ils sont soumis. Le pilote en chef Andreas Pfisterer, lui, explique la sélection exigeante et la formation poussée que suivent les pilotes avant de prendre des passagers à bord. Chez ces hommes dévoués à leur métier, on sent que la sécurité est toujours une priorité. Face aux risques d’orages dans les Alpes, Kurt Waldmeier décide d’annuler un vol prévu dans la soirée.

A la fin de cette conférence de presse chargée en émotions, demeure la tristesse d’une tragédie inexpliquée et le constat d’impuissance lorsqu’elle frappe malgré tous les garde-fous mis en place pour l’éviter.

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