fiscalité vaudoise

Un lobby des contribuables pour faire baisser les impôts

Mécontente de la politique fiscale du canton, la droite vaudoise lance une association de défense des contribuables. Elle veut faire pression sur le Conseil d’Etat

Les contribuables vaudois ont désormais un lobby, la Fédération des contribuables (Fedco). Elle est le fruit du ras-le-bol d’élus PLR, UDC et vert’libéraux envers la fiscalité cantonale. Estimant que «l’argent de l’Etat n’existe pas, qu’il n’y a que celui du contribuable», l’association milite pour une baisse plus forte des impôts dans un canton parmi les plus taxateurs.

Revenir au taux historique

Fin octobre, le grand argentier Pascal Broulis avait pourtant annoncé une diminution de la charge fiscale de deux points pour les personnes physiques d’ici à 2021. Largement insuffisant, selon la Fedco. «Ces dernières années, les excédents effectifs du canton ont atteint en moyenne 600 millions et doivent revenir aux contribuables», a déclaré ce jeudi aux médias le PLR Loïc Hautier, président de la fédération. Il détaille: «La diminution de la charge fiscale ne représente qu’un cinquième (112 millions) des excédents; on peut aller nettement plus loin.»

L’objectif? Atteindre le taux d’imposition d’avant 2000, soit quatre à cinq points de moins, puis descendre sous ce taux, avance Marc-Olivier Buffat, le président du PLR Vaud. Comment? En améliorant les déductions fiscales, voire en en créant de nouvelles (loyer, etc.). Les fondateurs du lobby estiment que la baisse d’impôts visée n’impliquera aucune coupe budgétaire, car elle sera financée par la marge de manœuvre financière du canton.

La Fedco est aussi une réaction aux faveurs fiscales accordées aux entreprises avec la RIE III en vigueur dès 2019: «Pascal Broulis s’est longtemps concentré sur la réforme fiscale des entreprises, mais maintenant c’est au tour de la population de bénéficier d’un geste», a martelé Marc-Olivier Buffat.

Pascal Broulis désavoué?

La Fedco, un affront envers Pascal Broulis? Loïc Hautier nuance: «Nous ne sommes pas contre lui, mais ses décisions, prises dans un gouvernement de gauche, ne satisfont pas la majorité de droite du Grand Conseil». Selon Philippe Jobin, chef de groupe de l’UDC Vaud, le ministre des Finances – et le Conseil d’Etat – «devrait se sentir particulièrement visé».

Contacté, Pascal Broulis dit ne rien savoir de la Fedco. Il prend néanmoins acte de la création d’un «contre-pouvoir». Un sentiment de désaveu? «Pas du tout, cela me conforte vis-à-vis de la stratégie fiscale du canton, qui est de baisser les impôts de façon contrôlée. Il faut néanmoins trouver des équilibres.» Une réduction trop forte n’est pas saine non plus, selon lui.

S’appuyant sur «l’impulsion de la société civile et le relais politique», l’association se veut non partisane, souligne Loïc Hautier. A terme, la Fedco aimerait s’ouvrir à d’autres cantons. Il lui faut d’abord trouver «1000 membres d’ici six mois». Les premières propositions concrètes seront présentées le 30 janvier.

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