Urbanisme 

Un long chantier s’annonce à l’ouest de Zurich

Selon les plans des promoteurs, le stade de football devrait accueillir son premier match en 2022. Mais recours et oppositions pourraient retarder le lancement des travaux

Dimanche, le compromis entre la municipalité de gauche et les milieux sportifs et économiques l’a emporté: à 53,8%, les citadins ont dit oui à un stade de football à l’ouest de Zurich. Le futur chantier prévoit une enceinte de 18 000 places, deux tours d’habitation de 137 mètres pour 570 appartements, ainsi que 174 logements en coopérative.

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Le Parti socialiste, plus grand opposant au projet, déclare forfait, annonçant à la suite des résultats de la votation qu’il ne lutterait pas davantage contre ce projet. «Nous continuerons à observer son évolution d’un œil critique, mais ne mettrons pas de bâtons dans les roues», souligne la présidente du parti, Liv Mahrer.

Recours annoncés

Mais le résultat du vote, aussi clair soit-il, n’a pas éteint les braises rougies par cette campagne, l’une des plus intenses que Zurich ait connues. Les riverains se déclarent prêts à poursuivre leur combat contre les gratte-ciel. Du quartier Höngg, seul district de la ville à avoir dit non au projet, à 52,6%, le comité Gegen den Höhenwahn («contre la folie des hauteurs») a d’ores et déjà fait part aux médias zurichois de son intention de s’opposer aux tours. Les habitants de ce quartier surplombant la friche qui doit accueillir le nouveau stade redoutent de voir les deux buildings leur barrer la vue.

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La première bataille politique gagnée, la fronde vise désormais les futurs travaux estimés à quelque 600 millions, menés par trois promoteurs: l’entreprise de construction HRS Investment AG, la société immobilière de Credit Suisse ainsi que la coopérative d’habitation générale zurichoise (ABZ). Selon leurs plans, le chantier devrait commencer en été 2020, le match d’ouverture du nouveau stade se tenir en juillet 2022, tandis que les premiers habitants arriveraient en 2023.

Or, en cas de recours, cette chronologie pourrait se voir retardée de plusieurs années. Prochaine étape: l’exécutif soumettra un plan d’aménagement du territoire au parlement, en principe d’ici au printemps 2019. En cas d’approbation par le Conseil communal, les opposants pourraient encore saisir le référendum et provoquer une nouvelle votation communale.

Les clubs exultent

En attentant, les clubs zurichois, Grasshopper Club (GC) et le FC Zurich, exultent. Ils attendaient ce moment depuis quinze ans. En 2003, les Zurichois avaient déjà dit oui à un stade, finalement abandonné six ans plus tard après une bagarre juridique engagée par des oppositions du voisinage. En 2013, les citadins refusaient un second projet qui devait être financé par la ville. La troisième tentative aura été la bonne.

GC et le FC Zurich comptent sur cette nouvelle enceinte pour grossir les rangs de leurs spectateurs et améliorer leurs finances. Traditionnellement, GC jouait au Hardturm, le site qui doit accueillir la future infrastructure, et le FC Zurich au stade du Letzigrund. Après le démantèlement du premier en 2008, FC Zurich et GC se sont trouvés réunis au Letzigrund, où ils se sentent depuis à l’étroit entre les concerts et l’athlétisme.

Dimanche soir, en plein match contre Saint-Gall à Zurich, les fans de Grasshopper Club (GC) ont allumé des engins pyrotechniques et sorti une banderole pour célébrer le résultat du vote: «Enfin de retour à la maison!» Pendant ce temps, sur la friche du Hardturm, les supporters du FC Zurich avaient déployé leur propre bannière: «Tout Zurich est à nous!» Dimanche soir, après le match, la police faisait état de dommages à la suite du passage des groupes de supporters. De quoi rallumer les braises chez les riverains.

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