Le bilan est lourd: au moins quatre victimes et de nombreuses inconnues. La journée d’hier fut celle d’une terrible attente dans la vallée de Diemtigtal, dans l’Oberland bernois, suite aux deux avalanches dramatiques de dimanche. Les secouristes ont été contraints, en raison de nouvelles chutes de neige, d’interrompre leur recherche. En fin d’après-midi, lors d’une conférence de presse retransmise par la télévision alémanique, la police a confirmé qu’au moins trois personnes étaient encore introuvables. Leurs chances de survie apparaissent désormais faibles. Parmi les disparus figurent un médecin de la Rega et un membre du Ski-Club de Rubigen (BE) en randonnée dans les environs, venus en aide aux victimes de la première coulée de neige.

Pour l’heure, les responsables s’abstiennent de commenter les circonstances du déclenchement des avalanches fatales. Otto von Allmen, chef de la police de l’Oberland bernois, précise toutefois que douze personnes auraient été ensevelies. Autre information, deux Suisses (le médecin ainsi qu’un membre du ski-club) et un Allemand font partie des victimes. La quatrième, décédée durant la nuit, n’a pu encore être identifiée.

Risque limité

Dimanche, alors que le risque d’avalanche est jugé limité, une plaque se détache vers 11h30 dans la zone du Chummli, réputée pour ses trajets de randonnée de difficulté moyenne. Elle emporte un groupe international de huit randonneurs, dont deux se retrouvent ensevelis. Hier, certains médias alémaniques évoquaient le manque de distance entre les skieurs, d’où un poids excessif sur la neige, pour expliquer l’avalanche. La police ne commente pas.

Quoi qu’il en soit, les secours de la Rega sont alors alertés par les 27 membres du Ski-Club Rubigen, en randonnée non loin et qui se sont rapprochés pour porter secours. Or, trente minutes après la première coulée, une seconde masse neigeuse se décroche, emportant notamment le médecin de la Rega qui prodigue des soins et trois représentants du Ski-Club. La cause de cette deuxième avalanche est pour l’heure inexpliquée. Interrogé par le Tages-Anzeiger, un responsable du Ski-Club, Bernhard Scherz, mise sur les répercussions du bruit des hélicoptères intervenus pour les secours. «Il y avait à ce moment-là plus d’une vingtaine de skieurs dans les environs», continue Bernhard Scherz.

L’empressement d’une centaine de sauveteurs permet de dégager cinq personnes vivantes avant l’interruption des secours, dimanche soir en raison de la météo. Lundi, les chutes de neige et le danger d’avalanche ont empêché les recherches dans une région pour l’heure accessible uniquement par voie aérienne. «Nous allons si possible reprendre les approches mardi, a précisé Theo Maurer, du Secours Alpin suisse. Après avoir sécurisé les lieux.»

Les trois personnes dont on est certain qu’elles sont encore ensevelies faisaient partie du premier groupe. Il s’agit d’une Suissesse de 39 ans, d’un Suisse de 48 ans et d’un Allemand de 38 ans.

Au-delà de son lourd bilan et de ses mystères encore nombreux, ce drame de la montagne a déjà particulièrement touché, car fatal à des personnes intervenues pour porter secours. La Rega perd pour la première fois l’un des siens dans une opération liée à une avalanche.