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«Les cartes de nos manuels sont réalisées par des enseignants géographes qui les puisent dans des logiciels open source, explique Olivier Maradan, secrétaire général de la CIIP. Si elles ne sont pas à jour, cela peut se révéler piégeux.»
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Un manuel romand de géo omet aussi le Kosovo

Après les cartes murales genevoises, on découvre qu’un nouveau fascicule de géographie utilisé dans toutes les écoles primaires romandes fait du Kosovo une province serbe. Ce matériel ne sera pas retiré des écoles, mais réimprimé d’ici deux ans

A la faveur d’une erreur, il arrive qu’on en démasque une autre. C’est ce qui est arrivé cette semaine à Genève. Mardi, Le Temps révélait que sur les cartes murales géographiques de l’école obligatoire genevoise, acquises chez Michelin en France, le Kosovo n’existe pas, considéré comme une province serbe. Gros malaise, alors que la Suisse a reconnu ce pays en 2008 et que le canton compte beaucoup de ressortissants kosovars. Le Département de l’instruction publique (DIP), qui a confessé son erreur, s’est donc rué sur tous les ouvrages scolaires en espérant ne pas avoir d’autres mauvaises surprises. Il a dû déchanter. Le Kosovo n’apparaît pas non plus sur une carte d’un manuel de géographie destiné à l’école primaire.

Là où l’affaire se corse, c’est que cette bourde ne concerne pas uniquement Genève, mais toute la Suisse romande. Le fascicule en question, qui provient de la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP), a été publié en 2014 et introduit dans tous les cantons francophones. C’est d’autant plus fâcheux que ce manuel participe aux premiers moyens d’enseignement communs d’histoire et de géographie, une des conséquences du Plan d’études romand. Dès la parution d’un ouvrage romand, les cantons ont en principe un délai de trois ans pour l’introduire.

Lire aussi: A l’école genevoise, le Kosovo n’existe pas

Comment la CIIP explique-t-elle cette erreur? «Les cartes de nos manuels sont réalisées par des enseignants géographes qui les puisent dans des logiciels open source, explique Olivier Maradan, secrétaire général de la CIIP. Si elles ne sont pas à jour, cela peut se révéler piégeux.» Fort heureusement, la dissolution de l’URSS n’avait échappé à personne. Pour autant, il relativise la portée de l’erreur, «qui figure dans un ouvrage dédié à la géographie suisse d’abord, ce qui explique sans doute que personne ne l’ait relevée plus tôt».

Une fois la confusion identifiée, reste à la corriger, ce qui ne se fera pas du jour au lendemain. Tout d’abord, l’organe faîtier a adressé un message à l’adresse des services de l’enseignement obligatoire des sept cantons pour les rendre attentifs à cette omission. A eux de trouver la manière d’y remédier: «Plutôt que de cacher cet état de fait, mieux vaut thématiser avec les élèves autour de l’évolution historique des frontières», estime Olivier Maradan. Il assure que la chose sera corrigée rapidement sur internet et d’ici à 2020 dans les livres, puisque ces manuels sont réimprimés tous les deux ans. Sans attendre, la CIIP va faire expertiser toutes les cartes de ses manuels par un cartographe qui n’aura pas participé aux travaux de création. Un œil neuf pas trop proche du tableau aura davantage d’acuité. «Nous allons passer en revue tout le matériel actuellement existant et celui en cours de réalisation pour les 10e et 11e années», promet Olivier Maradan.

Reste que les Balkans sont un sujet particulièrement sensible en Suisse; à preuve, les nombreuses réactions provoquées mercredi par l’affaire des cartes géographiques à Genève. Une agence d’informations albanaise basée en Serbie et au Kosovo a même récupéré l’affaire, avec une interprétation quelque peu fantaisiste, invoquant «3500 cartes jetées à la poubelle et des excuses suisses». Gageons que les enseignants romands sauraient tempérer les débats, s’ils devaient survenir. Ils pourront peut-être compter sur les Jurassiens, dont le canton a sans doute fait une arrivée tardive sur les murs de certaines classes.

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