Malaise

Un membre du Mouvement Citoyens vaudois dérape à Auschwitz

Candidat malheureux au Conseil national, le Lausannois Bernard Junod s’est fait prendre en photo, une boîte de nasi goreng à la main, devant le portail du camp de concentration. Malaise

Stupeur, sur Facebook, jeudi matin. Le Lausannois Bernard Junod, enseignant et candidat malheureux au Conseil national sous les couleurs du Mouvement citoyens vaudois, a décidé de publier une photo pour le moins dérangeante sur son profil: il pose devant le célèbre portail du camp de concentration d’Auschwitz, une boîte de riz nasi goreng à la main, avec un grand sourire.

«Un pari idiot»

Blague de très mauvais goût ou dérapage antisémite? De retour d’Auschwitz jeudi matin, Bernard Junod s’explique tant bien que mal: «C’est un malentendu, je suis allé là-bas dans le cadre d’un voyage organisé par la CICAD [Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation, ndlr]. Je ne voulais pas publier cette seule photo, mais tout un album sur ce voyage. Ma grand-mère maternelle était juive, je le suis donc aussi en théorie, même si ma mère est devenue catholique. Je n’avais aucunement l’intention de blesser qui que ce soit, ce n’est pas du tout une prise de position antisémite, mais le résultat d’un pari idiot.»

Et l’enseignant d’ajouter que cette photo aura au moins eu le mérite de faire le buzz: «Ce qui serait vraiment tragique, c’est d’oublier ce qu’a été la Shoah. Même si c’est maladroit, cette photo aura peut-être permis de faire parler des camps…»

Secrétaire général de la CICAD, Johanne Gurfinkiel tombe des nues: «Je suis atterré par cette photo, d’autant plus que M. Junod était un des participants à notre voyage annuel. Sur place, il m’a plutôt semblé bouleversé par la visite du camp. Je ne comprends pas ce qui lui est passé par la tête. J’ai pris contact avec lui pour lui faire part de notre stupéfaction et de la nécessité, pour lui, de s’expliquer et de s’excuser. Il m’a assuré qu’il allait retirer cette photo et publier une lettre d’excuses. Nous en resterons là.»

Si la CICAD ne souhaite pas donner plus de retentissement aux «errements de ce personnage», Johanne Gurfinkiel s’interroge tout de même sur l’auteur de cette «blague»: «Ce qui fait un peu peur, c’est que ce monsieur est enseignant. Je me demande ce qu’il apprend à nos enfants.»

Remplaçant à l’école primaire, Bernard Junod s’était déjà fait remarquer lors des élections à la municipalité de Lausanne, au printemps dernier, et pendant la campagne pour le Conseil national, en donnant la parole… à son cochon d’Inde, Denise. Ironie du sort, c’est déjà à la suite d’un pari avec des amis qu’il avait décidé de se présenter à la municipalité de Lausanne. Une élection pour laquelle il avait récolté… 294 voix. Mais Bernard Junod n’exclut pas de se représenter lors d’une prochaine élection.

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