L’ouverture du tunnel ferroviaire du Gothard, qui reliera sur 57 kilomètres Uri au Tessin, est confirmée pour fin 2016. D’ici là, toutefois, les CFF devront investir 250 millions pour remplacer les rames ETR 470 qui appartenaient à leur ancienne filiale Cisalpino. Constituée en partenariat avec la compagnie des chemins de fer italienne Trenitalia, cette société a cessé ses activités à fin 2009 à la suite de toute une série de problèmes. Victimes de nombreuses pannes, les trains de la génération Cisalpino ne donnent plus satisfaction. L’un d’eux avait pris feu près d’Airolo en mai 2011. Le personnel des CFF demande depuis longtemps qu’ils soient retirés de la circulation.

Andreas Meyer, le patron de l’entreprise, a annoncé jeudi à Lucerne que tel serait le cas: les rames ETR 470 disparaîtront du paysage ferré suisse d’ici à fin 2014. En compensation, les CFF vont acquérir huit rames supplémentaires de la nouvelle version de ce type de convoi, l’ETR 610, dont les CFF possèdent déjà sept exemplaires. Déjà homologuées par la Suisse, l’Allemagne et l’Italie, ces compositions seront livrées et mises en service dès 2015, soit l’année de l’Exposition universelle de Milan et un an avant l’ouverture du tunnel de base.

Ligne de faîte maintenue

Il ne s’agit là toutefois que d’une solution transitoire, car, à long terme, les CFF comptent renoncer à la technologie des caissons inclinables sur l’axe du Gothard. Ce printemps, ils ont lancé un appel d’offres pour la construction et la livraison de 29 nouveaux trains pour un montant de 800 millions de francs. Ceux-ci seront progressivement mis en service à partir de 2018. Andreas Meyer a par ailleurs annoncé que la ligne actuelle et le tunnel de faîte entre Göschenen (UR) et Airolo (TI) survivrait à l’ouverture du tunnel de base. Plusieurs raisons justifient cette décision. Comme le montre l’expérience du Lötschberg, il est nécessaire de conserver une solution de rechange au cas où, pour une raison X ou Y, la circulation devait être perturbée dans le nouveau tunnel de base. Il y a par ailleurs un intérêt touristique à conserver cette ligne, qui, riche en courbes hélicoïdales, offre trois perspectives différentes sur la romantique petite église de Wassen (UR). Des négociations sont en cours avec l’Office fédéral des transports et les cantons pour en définir le financement.