«On veut des lieux avant d'être vieux», proclame une grande banderole du collectif La Bulle. Ce petit groupe d'habitants de Chêne-Bourg aimerait récupérer la maison d'un garde-barrière, abandonnée, pour y installer un espace culturel autogéré. Plus généralement, d'autres réclament «des espaces pour nos logiques». La nécessité d'avoir des logements dignes et des lieux pour se rassembler a suscité cette manifestation, où plane une certaine nostalgie de l'époque des squats. Elle a réuni un millier de personnes entre les Pâquis et Plainpalais.

Le cas Xénope

Si une trentaine d'associations, de syndicats et de partis de gauche avaient appelé à manifester ce samedi, l'initiative de cette grande marche revient au collectif Xénope, qui occupe une maison sise à la rue de Malagnou depuis cinq ans. Ces dernières années, ces 13 jeunes en formation ont transformé un bâtiment de l'Etat en logements collectifs. En 2016, le gouvernement genevois a décidé de les expulser pour loger une trentaine de réfugiés dans la propriété. Ils auraient dû quitter les lieux ce samedi s'ils n'avaient pas fait recours au Tribunal des baux et loyers pour gagner quelques mois de répit.

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Il est inadmissible d'opposer deux populations précaires

Pour Pablo Cruchon, de SolidaritéS, le cas de Xénope est emblématique, car il se trouve au «croisement des échecs des politiques gouvernementales». Adepte de l'action de rue, le militant défend à la fois les squatters et les réfugiés: «Il est inadmissible d'opposer deux populations précaires». Plusieurs migrants se sont d'ailleurs joint au défilé, équipés d'une banderole où il était inscrit: «Not in our name!» (Pas en notre nom!). Pour les observateurs, la manifestation s'est déroulée dans une atmosphère festive. Quelques fumigènes et engins pyrotechniques ont été enflammés près de la gare Cornavin, mais aucun débordement n'a été signalé par la police.

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1000 jeunes dans les rues de Berne

Ce samedi, une autre manifestation se tenait à Berne, sur la Place fédérale. Elle réunissait des organisations à vocation religieuses qui protestaient contre leur exclusion des programmes Jeunesse et Sport de la Confédération. Selon les organisateurs, près de 1100 personnes ont participé à ce rassemblement.

En mars, plus de 200 organisations apprenaient qu'elles étaient exclues des subventions Jeunesse et Sport. Dans le même temps, l'Office fédéral du sport (OFSPO) dénonçait les accords qui liait la Confédération à une dizaine d'entre elles, parce que le but premier de ce soutien doit être le sport, et non la transmission de la foi. La décision se fondait sur plusieurs arrêts du Tribunal administratif fédéral.

Pour leur défense, les organisations concernées martèlent que leurs activités sportives remplissent les critères Jeunesse et Sport requis. Un compromis se dessine: l'OFSPO leur a proposé de se réorganiser en associations adaptées et de créer une faîtière servant d'interlocuteur. selon le Réseau évangélique suisse, les fédérations chrétiennes sont entrées en matière.