En décembre dernier, Christiane Brunner avait avoué qu'un soutien du Parti socialiste suisse au référendum contre l'envoi de soldats armés à l'étranger «aurait constitué une catastrophe», que ce non pourrait être encore «interprété comme un signe de fermeture du PS». Aujourd'hui pourtant, le vote des socialistes genevois ne surprend pas vraiment la présidente du PSS. «Je les comprends. Genève a une grande tradition pacifiste. Ils ont donc voté dans cette logique-là sans nécessairement prendre en compte les aspects de politique nationale.».

La campagne que mènent actuellement l'UDC et l'ASIN (Association pour une Suisse indépendante et neutre) renforce en fait la conviction de Christiane Brunner de plaider en faveur de l'envoi de soldats armés à l'étranger. «Un non au niveau national équivaudrait à rallier les positions de l'UDC, ce serait accentuer l'attitude qui consiste à dire non à tout. Ce serait une catastrophe.» La conseillère aux Etats ne souhaite toutefois pas faire le lien entre la votation du 10 juin et le vote sur l'adhésion de la Suisse à l'ONU en 2002.