La première victime de la grippe H1N1 en Suisse est un bébé de quatre mois et demi dont les parents vivent dans le canton de Bâle-Campagne. «Son cas est particulier. Il avait divers problèmes chroniques de santé. Il souffrait d’une fente labiale et palatine, d’une légère malformation cardiaque et probablement d’une déficience immunitaire», a déclaré Jürg Hammer, chef du service de pneumologie de l’hôpital universitaire de l’enfance des deux Bâles, mercredi devant les médias à Liestal.

Les parents ont fait venir le médecin samedi dernier parce que leur enfant avait le nez qui coulait et de la fièvre. Le praticien a prescrit des antibiotiques et n’a pas caché qu’une hospitalisation pourrait se révéler nécessaire. Pendant la nuit, l’état du nourrisson s’est aggravé. Alertés, les secours ont intubé l’enfant. Arrivé à l’hôpital, à quatre heures du matin, les efforts de réanimation ont été poursuivis pendant vingt minutes. Mais les médecins n’ont pu que constater le décès. «Je pense que le bébé est mort à la maison dans les bras de son père, probablement étouffé par des sécrétions abondantes dans la bouche, en raison aussi de la malformation buccale dont il souffrait», a expliqué Jürg Hammer.

Les analyses, dont les résultats n’ont été connus que mardi, ont montré que l’enfant avait été infecté par le virus H1N1. Qui a provoqué une pneumonie, la cause officielle du décès. «L’enfant serait probablement aussi décédé d’une autre infection virale», a encore précisé Jürg Hammer. L’enfant aurait-il pu être sauvé s’il avait été hospitalisé immédiatement? Jürg Hammer n’a pas voulu spéculer: «On n’aurait pas pu faire grand chose d’autre, à part le soutenir médicalement. A quatre mois et demi, un bébé est trop jeune pour recevoir du Tamiflu.»

Les nourrissons en dessous de six mois ne peuvent pas non plus être vaccinés. On ne sait pas où le garçonnet décédé a contracté le virus. Ses parents ne sont pas porteurs, et il n’avait pas de frères et soeurs.

«Ce premier cas mortel de la grippe H1N1 ne va malheureusement pas resté isolé», a indiqué à Liestal Patrick Mathys, chef de la section Préparation

pandémie de l’Office fédéral de la santé publique. Une appréciation que partage le médecin cantonal de Bâle-Campagne Dominik Schorr: «Nous nous attendons à d’autres décès.» Il s’empresse toutefois de préciser qu’il n’y a pas de raison de s’alarmer. «Jusqu’à maintenant, tous les cas d’infection par le virus H1N1 chez les enfants étaient bénins. Dans toute la Suisse du Nord Ouest on ne compte que trois personnes atteintes du virus aux soins intensifs, toutes adultes.»