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Ignazio Cassis, le nouveau ministre des Affaires étrangères.
© GIAN EHRENZELLER/Keystone

DFAE

Un nouveau casting se dessine en politique européenne

Ignazio Cassis pourrait nommer un secrétaire d’État aux Affaires européennes. L’actuel «M. Europe», Henri Gétaz, est annoncé partant

Un nouveau casting se dessine en politique européenneEn ce jour de la visite de Jean-Claude Juncker à Berne, le nouveau ministre des Affaires étrangères est resté dans l’ombre de la présidente de la Confédération Doris Leuthard. Ses détracteurs ne s’en étonnent pas, ils n’ont jamais cru à ce coup de baguette magique qu’il a promis. «Reset, c’était un bon slogan de campagne pour être élu par l’UDC au Conseil fédéral. Mais ce bouton n’existe pas, il tient du fantasme de la programmation mentale et nie la réalité», déclare Roger Nordmann (PS/VD), chef du groupe socialiste.

La réalité, c’est un réseau très dense de 120 accords que la Suisse a tissé avec l’UE durant les quinze dernières années. «Reset est une illusion. Si l’on pousse la réflexion jusqu’au bout, cela signifierait la voie solitaire, une sorte de Brexit pour la Suisse», ajoute la conseillère nationale Kathy Riklin (PDC/ZH), membre de la Commission de politique extérieure (CPE).

Rumeurs insistantes

Sur le plan du contenu, le nouveau ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis ne pourra guère que stabiliser la voie bilatérale, à défaut de la «rénover pour vingt ans», comme son prédécesseur Didier Burkhalter s’était donné l’ambition de le faire. «Nous attendons de lui qu’il tienne sa promesse d’interrompre les négociations sur l’accord institutionnel», espère Roland Rino Büchel (UDC/SG), par ailleurs président de la CPE. Son but sera donc de demander à l’UE un temps de réflexion sur cet accord qui pose la question des «juges étrangers», selon l’importance que l’on conférera au rôle de la Cour de justice de l’UE.

Dès lors, le «reset» d’Ignazio Cassis pourrait davantage prendre l’allure de grandes manœuvres sur le plan de l’organigramme au sein du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE). Des rumeurs insistantes font état d’une revalorisation de la Direction des affaires étrangères, dont le chef est Henri Gétaz depuis huit ans. Cette officine de quelque 40 collaborateurs, héritière de l’ancien «Bureau de l’intégration», pourrait à l’avenir être subordonnée à un secrétaire d’État.

Lire aussi: Suisse-UE: de l’amour à l’amitié

Le départ programmé d'Henri Gétaz

Cela permettrait à Ignazio Cassis de clore l’ère Burkhalter et de reprendre tout le dossier avec une nouvelle tête. Actuellement, ce sont la secrétaire d’État aux affaires étrangères Pascale Baeriswyl et Henri Gétaz qui le pilotent. La première fait bien son travail, mais son étiquette socialiste fait grincer des dents à la droite du parlement, notamment au PLR et à l’UDC. Le second est annoncé partant. Selon plusieurs sources du Temps, il devrait quitter prochainement l’administration fédérale.

Un tel poste de secrétaire d’État a déjà existé dans un passé proche. En 2015, Jacques de Watteville avait été appelé à la rescousse comme «négociateur en chef» à l’époque où l’initiative de l’UDC «contre l’immigration de masse» avait plongé les relations Suisse-UE dans une ère de glaciation. S’il devait être créé, deux noms circulent pour l’assumer.

Deux papables

Roberto Balzaretti tout d’abord. Ce Tessinois de 52 ans connaît le dossier par coeur: il a longtemps été le bras droit de Micheline Calmy-Rey, notamment durant la période où celle-ci a gagné plusieurs votations européennes comme la participation à l’Espace Schengen, l’octroi du premier milliard au titre de la cohésion et l’extension de l’accord sur la libre circulation des personnes. Après avoir dirigé la mission suisse à Bruxelles, il vient de reprendre la Direction de droit international public. Le deuxième papable est Urs Bucher, le successeur de Roberto Balzaretti à Bruxelles. Ce Soleurois de 55 ans est aussi un excellent connaisseur de la matière. Il a travaillé, puis dirigé le Bureau de l’intégration lors de la période du deuxième paquet des bilatérales.

Lire aussi: Un «accord d’amitié» annoncé au printemps – et des progrès sur huit dossiers concrets

A l’heure où Ignazio Cassis vient d’entrer en fonction, le Conseil fédéral devra encore décider s’il veut à nouveau soumettre la Direction des Affaires européennes à deux de ses membres, et non plus seulement au DFAE. Celui-ci la chapeauterait en collaboration avec le Département de l’économie, de la formation et de la recherche. En juin 2017, Kathy Riklin a fait une motion dans ce sens, que le Conseil fédéral a déjà rejetée. Mais, ironie du sort, c’était avant qu’Ignazio Cassis, qui l’a signée, n’y soit élu!

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