La décision s’est fait attendre. Elle est finalement tombée ce matin. Le Conseil d’Etat genevois a nommé le nouveau chef de la police judiciaire. Sans grande surprise, c’est François Schmutz, qui assurait déjà l’intérim depuis mai 2010, tout en occupant le fauteuil de chef d’état-major, qui a été choisi parmi une vingtaine de candidats. Son seul concurrent jusqu’au bout a été le procureur fédéral Felix Reinmann.

Avant de rejoindre l’état-major de la police genevoise en novembre 2009, comme responsable des grandes opérations et de la coordination, François Schmutz a dirigé le centre d’intervention de la gendarmerie à Granges-Paccot, dans le canton de Fribourg. Il a également mis sur pied le projet de police de proximité dans cette région. Ce Gruérien, âgé de 45 ans, a également une carrière militaire derrière lui. Colonel à l’armée, il a travaillé au sein du secrétariat général du Département fédéral de la défense. Licencié en économie politique, François Schmutz, membre du parti libéral-radical de la Gruyère, a aussi été syndic de sa commune de Pont-en-Ogoz, au-dessus de Bulle.

A son arrivée au sein de la police genevoise, le nouveau chef d’état-major a très vite été chargé de dossiers importants. Il a notamment mené à l’interne la réflexion sur la grande réforme de l’institution voulue par le Grand Conseil. Lorsque l’ancien chef de la police judiciaire, le très absent Alexandre Vanzo, a été poussé à la démission, c’est encore lui qui a été choisi pour assurer un intérim qui a duré presque une année. A ce moment, François Schmutz avait dit qu’il ne briguerait pas ce poste. En cours de route, il a visiblement pris goût à la direction d’une équipe. Et celle-ci le lui rend bien. Ce large soutien au sein de la maison, il en aura bien besoin pour relever les défis de la sécurité, de la mise en place des nouvelles règles de procédure et des choix organisationnels délicats de la police.