Ils ont entre 15 et 18 ans, sont afghans ou érythréens. Ils vivaient jusqu’ici dans un foyer vétuste du Petit-Saconnex. Ce sont essentiellement des garçons, arrivés en Suisse dans les 6 derniers mois. Depuis mercredi, ces 131 requérants d’asile mineurs non-accompagnés ont pris leurs quartiers à la Praille, dans le nouveau centre d’hébergement de l’Hospice général, inauguré vendredi.

Deux bâtiments de quatre étages, modulaires, sortis de terre en huit mois. Un temps record, souligne l’Hospice, à l’image des arrivées récentes. Là où le nombre total de migrants s’est accru de 25% en 2015 (à la fin de l’année, ils étaient 6532 dans le dispositif d’asile genevois), celui des requérants mineurs a explosé: 184 jeunes au 31 décembre dernier, soit une hausse de… 235% par rapport à 2014. Et le nombre des arrivées, qui s’est envolé depuis l’été dernier, continue d’augmenter de manière exponentielle.

Les 230 places du nouveau centre sont destinées à accueillir tous les mineurs non accompagnés arrivant à Genève. Pour l’instant, l’un des deux bâtiments abrite encore 12 familles, majoritairement syriennes. Elles cèderont bientôt leur place. «Le centre sera plein à la fin du mois de mars», estime une collaboratrice de l’Hospice général, qui espère ne pas avoir à installer trop vite un lit d’appoint dans la chambre double qu’elle fait visiter ce vendredi.

La construction du centre a coûté quelque 10 millions de francs à l’Hospice général. Une somme qui s’ajoute aux 40 millions du budget de fonctionnement de l’aide aux migrants, lequel a doublé d’un an sur l’autre. Pour absorber les arrivées dont le rythme restera élevé en 2016, «nous avons urgemment besoin de créer 1500 places», souligne le directeur général de l’Hospice, Christophe Girod. Le Conseil d’Etat a ainsi identifié 12 terrains, dont 4 prioritaires, pour lesquels «les demandes de permis de construire seront déposées dans les semaines à venir», précise-t-il.

«Genève doit faire sa part», conclut le conseiller d’Etat en charge du dossier, Mauro Poggia. Soit accueillir 5,8% des migrants qui arrivent en Suisse. «Mais soyons clairs, cette immigration importante pose problème à la population, poursuit-il. Il est donc important que l’intégration de ces jeunes, dont une moitié restera en Suisse, se fasse tout de suite. Nous sommes sur le bon chemin, mais le chemin sera long».