Immigration

Un nouveau vote sur la libre circulation: l’idée PLR séduit les partis

Philipp Müller, le président du PLR, rejette le projet du Conseil fédéral pour appliquer l’initiative contre l’immigration de masse et propose son propre plan qui passe par un nouveau vote. Vice-président du PDC, Dominique de Buman est prêt à discuter

La proposition du président du PLR Philipp Müller de revoter sur la libre-circulation des personnes avec l’Union européenne suscite l’intérêt des autres partis. Outre le parti socialiste qui semble prêt à discuter, Dominique de Buman, vice-président du PDC, partage le constat du PLR.

«La proposition de Philipp Müller, c’est le raccourci de la stratégie de beaucoup de monde. Et c’est tout à fait dans son style. Il est direct et ne fait pas trois périphrases pour dire quelque chose», réagit Dominique de Buman. Car pour le conseiller national fribourgeois, une chose semble aujourd’hui claire: «Une majorité veut sauver les accords bilatéraux avec l’Union européenne. Mais le projet du Conseil fédéral de les renégocier pour appliquer l’initiative contre l’immigration de masse, que le PDC soutient, n’aboutira à rien. L’impasse avec l’Union européenne est programmée et il est temps d’en sortir.» Pour Dominique de Buman, Philipp Müller fait un constat que beaucoup partagent.

Alors que le PLR a toujours appuyé la stratégie du Conseil fédéral pour appliquer de manière conséquente l’initiative de l’UDC contre l’immigration de masse, son président Philipp Müller a dévoilé dimanche dans la SonntagsZeitung son propre plan qui passe par un nouveau vote sur la libre-circulation des personnes avec l’UE, mais assortie d’un sérieux serrage de vis. Faute de pouvoir introduire des contingents ou une clause de sauvegarde, il s’agirait de respecter les accords bilatéraux tout en étant très sévère contre les abus dans le système social… et plus encore vis-à-vis des pays tiers.

On retrouve là le Philipp Müller qui ne voulait pas plus de 18% d’étrangers en Suisse, initiative rejetée en 2000. Dans son catalogue de mesures: contrat d’intégration obligatoire, regroupement familial en fonction de la capacité financière, retrait d’un permis de séjour en cas de dépendance à l’aide sociale, pas d’aide sociale pendant les 3 à 5 premières années en Suisse, procédures d’asile encore accélérée, etc. Pour le PLR, la volonté populaire serait ainsi respectée.

La proposition du président du PLR ne tombe pas de nulle part. Elle colle au calendrier politique puisque c’est jeudi que s’achève la consultation sur le projet du Conseil fédéral pour appliquer l’initiative contre l’immigration de masse. Ces prochains jours, les prises de position vont pleuvoir.

Pour Dominique de Buman, un nouveau vote sur la libre-circulation est certes un «coup de poker». «Le peuple devra décider, mais c’est à nous de le convaincre. L’UDC ne voudra probablement rien en savoir. Mais un projet humainement, économiquement, bureaucratiquement et démocratiquement acceptable a des chances de trouver une majorité, estime le conseiller national. On a toujours dit que le 9 février, les citoyens avaient surtout exprimé un ras-le-bol. Il est temps de les placer devant le véritable enjeu. S’ils disent non, alors ce sera clair, on coupe tout et on revient au point de départ, c’est-à-dire à 1992, après le vote contre l’EEE.»

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