Recherches scientifiques, expertises techniques ou enseignement, une Association des patrimoines alpins (APA) vient d'être créée entre le Valais et Genève. Ses promoteurs, l'architecte urbaniste Jean-Pierre Giuliani de Martigny, l'architecte Michel Clivaz, enseignant à l'Institut d'architecture de l'Université de Genève et Michael Jakob, historien du paysage, ont lancé les bases d'une nouvelle réflexion globale sur ce qui mérite d'être conservé de nos jours.

En complémentarité avec d'autres institutions

Lorsque l'on parle de préservation du patrimoine aujourd'hui, on sous-entend en général le souci des vieilles pierres et de l'ancien. Les objectifs de la nouvelle association sont de définir le patrimoine comme une notion étendue ne se limitant pas à des objets architecturaux «classiques» de la sauvegarde. Ainsi parle-t-on de patrimoines au pluriel «tangible et intangible, mobilier et immobilier, matériel et immatériel, naturel et culturel». Concrètement, l'Association des patrimoines alpins a établi ses quartiers Château Mercier à Sierre. Plus concrètement encore, elle entend être complémentaire et en réseau avec de nombreuses institutions déjà existantes qui étudient et couvrent l'ensemble de l'Arc alpin italien, de Gênes à Trieste.

Les premiers objets d'expertise de l'Association des patrimoines alpins touchent pour l'instant le canton du Valais, avec un dossier pour la «labellisation de l'entité territoriale patrimoniale du val de Réchy».

Un deuxième axe de recherche concerne les patrimoines des secteurs secondaire et tertiaire en Valais, notamment l'usine de Chavalon à Vouvry, le centre des télécommunications de Brentjong au-dessus de Loèche, le complexe hydroélectrique de Cleuson-Dixence, la ligne ferroviaire du Lötschberg ou encore l'usine d'aluminium de Martigny.

Colloque sur l'habitat

Enfin, le mois de septembre verra la tenue d'un colloque dans la petite commune de Saint-Martin consacré à la gestion de l'espace vital alpin et des liens entre l'habitat et le paysage. Pour l'occasion, une trentaine de scientifiques se pencheront sur le passé et surtout l'avenir des villages abandonnés de Gréféric et Ossona sur cette commune à 900 mètres d'altitude.