«La cour d’appel a innocenté Rachid Hamdani et a annulé sa peine de prison pour séjour illégal», a indiqué Me Salah Zahaf, sans autre détail. Réfugiés dans l’ambassade suisse à Tripoli, Rachid Hamdami, responsable d’une PME suisse, et Max Göldi, chef de la filiale en Libye du groupe d’ingénierie hevético-suédois ABB, sont retenus en Libye depuis le 19 juillet 2008.

Ils ont été condamnés par contumace le 30 novembre 2009 à 16 mois ferme pour séjour illégal dans ce pays. S’agissant du procès en appel de M. Göldi, l’arrêt est attendu le 4 février. Selon Me Zahaf, M. Hamdani a comparu dimanche dans une autre affaire liée à l’«exercice d’activités économiques illégales» et le tribunal a mis son jugement en délibéré au 7 février.

M. Göldi, qui est également poursuivi pour «exercice d’activités économiques illégales», avait comparu samedi dans ce dossier. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 6 février. Les deux Suisses avaient été arrêtés le 19 juillet 2008 en Libye, peu après l’interpellation musclée à Genève d’un fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, Hannibal, et de son épouse, sur une plainte de deux domestiques accusant leur employeur de mauvais traitements.

Ils avaient été remis en liberté le 28 juillet 2008 et résidaient depuis à l’ambassade de Suisse avec interdiction de quitter le territoire libyen. Mi-septembre 2009, alors qu’ils devaient subir des tests médicaux, les deux hommes avaient été conduits dans un lieu tenu secret par Tripoli --opération qualifiée de «kidnapping» par Berne--, avant d’être remis le 9 novembre 2009 à leur ambassade.

»L’affaire Hannibal» a envenimé les relations entre Tripoli et Berne qui ont pris des mesures de rétorsion: retrait d’avoirs bancaires des banques suisses et départ des sociétés helvétiques du côté libyen, adoption d’une politique restrictive de visas Schengen envers les ressortissants libyens côté suisse.