Stratégie énergétique

Un oui de bon augure pour la réforme des rentes

Dans le camp des vainqueurs, on prépare déjà la prochaine échéance: la votation sur la Prévoyance vieillesse 2020

Au stamm bernois des vainqueurs, ils en parlaient dimanche déjà. L’acceptation de la Stratégie énergétique 2050 est de bon augure pour une prochaine grande réforme, celle de la Prévoyance vieillesse 2020, sur laquelle les citoyens se prononcent en septembre prochain. Surtout parce qu’on retrouvera plus ou moins les mêmes acteurs principaux pour soutenir ce vaste paquet, à savoir la gauche et le PDC.

La méthode porte ses fruits: au lieu de lancer des initiatives les unes après les autres, construisons patiemment une majorité

Chef du groupe parlementaire socialiste, Roger Nordmann a en tout cas la mine réjouie. «La méthode porte ses fruits: au lieu de lancer des initiatives les unes après les autres, construisons patiemment une majorité pour ensuite porter ensemble l’objet devant le peuple», explique le conseiller national vaudois. «Le résultat de ce dimanche est historique pour les Verts. En finir avec le nucléaire est le combat de toute une génération. Mais nous avons fait des compromis», rappelle la conseillère nationale Adèle Thorens (Verts/VD). Et d’énumérer quelques couleuvres qu’il a fallu avaler: le soutien à l’énergie hydraulique, la date limite aux subventions des énergies vertes, la reconnaissance de l’intérêt national pour le développement de certaines installations, etc. Pour la réforme de la prévoyance vieillesse, PS et Verts ont aussi dû accepter l’augmentation d’une année de l’âge de la retraite des femmes. En échange, ils ont obtenu une hausse de 70 francs des rentes AVS.

La recette? L’équilibre

«Mais dans les deux cas, à la fin, nous avons un projet équilibré, qui a des chances de passer devant le peuple», souligne Gerhard Pfister, président du PDC, qui loue la sagesse et le pragmatisme helvétiques, même devant les objets les plus complexes. «Et nous devons retenir la leçon, poursuit-il. C’est parce que la réforme sur la fiscalité des entreprises n’était pas équilibrée qu’elle a échoué en votation», estime-t-il.

«Le résultat de ce jour montre que la population résiste au populisme», lance aussi Roger Nordmann. Présidente des Verts, Regula Rytz s’en félicite également: «Les campagnes à la Donald Trump ne fonctionnent pas chez nous. Les citoyens sont raisonnables et critiques face aux arguments fallacieux.» Mais la conseillère nationale bernoise avoue que défendre tout un paquet comporte des risques: «L’UDC s’est saisie de quelques aspects, ceux qui l’arrangeaient, pour faire peur à la population. Et nous avons eu peur car dans la dernière ligne droite, la tendance devenait négative.»

Une répétition générale

Adèle Thorens ne souhaite pas anticiper le sort de la réforme de la prévoyance vieillesse mais note que la lenteur parlementaire, lorsqu’il s’agit d’aborder un vaste projet, a aussi du bon: la population est bien informée, elle a le temps de mesurer les enjeux et d’accepter le changement. «Après notre longue gestation, les citoyens ont fait preuve de maturité. Ils ne se sont pas laissé influencer par les polémiques. Et il ne s’agit pas non plus d’un vote émotionnel, sous le coup de la catastrophe de Fukushima. Le résultat n’en est que plus louable pour l’histoire de la démocratie suisse.»

Pour Regula Rytz, cette votation est en quelque sorte une répétition générale avant celle sur la prévoyance vieillesse. «Si nous restons unis, faisons une campagne raisonnable, transparente et honnête, je suis certaine que la population nous suivra», lance la présidente des Verts.


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