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Un pamphlet de 190 pages contre Jacqueline de Quattro

Un ouvrage rédigé par le corbeau de l'affaire Orllati, l'ancien rédacteur en chef de 24 heures Fabien Dunand, tente de nuire à la ministre PLR vaudoise Jacqueline de Quattro

Surprise en feuilletant les pages du journal 24 heures du mardi 26 mars 2019, une publicité annonce un ouvrage disponible en librairie aux éditions neuchâteloises Attinger, intitulé «Une conseillère d'Etat ne devrait pas dire ça», avec un sous-titre mentionnant Jacqueline de Quattro. En couverture, une photo de la ministre PLR vaudoise, souriante, de face, dans son bureau. Le titre est emprunté à l'ouvrage «Un président ne devrait pas dire ça», des deux journalistes du Monde Fabrice Lhomme et Gérard Davet, tiré de leurs entretiens avec François Hollande. La présentation de l'ouvrage fait penser à un livre rapportant une complicité entre le rédacteur et la ministre. C'est tout le contraire. 

Un auteur loin d'être neutre

L'auteur fait sourciller: il s'agit de Fabien Dunand, le corbeau de l'affaire Orllati. L'homme, un ancien journaliste et rédacteur en chef de 24 Heures, est inculpé par la justice. Suite à l'envoi de courriers anonymes visant à nuire au groupe de construction Orllati, il a été prévenu pour diffamation, injures et menaces alarmant la population. Le groupe Orllati avait aussi déposé plainte pour calomnie. 

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L'ouvrage n'est pas encore arrivé en librairie comme l'annonce la publicité, son auteur a curieusement refusé de répondre au Temps mardi. Jacqueline de Quattro dit «découvrir son existence» et ne pas avoir autorisé l'usage de la photo. 

Un bilan catastrophique

Fabien Dunand dresse subjectivement un bilan catastrophique des douze années au pouvoir de Jacqueline de Quattro, sur 190 pages, uniquement basé sur ses propos dans les médias, ses publications Facebook et ses travaux au Grand Conseil. Très pointilleux, il cherche la petite bête dans toutes les décisions et communications de la ministre sans par ailleurs offrir une vision d'ensemble. L'accumulation de ces détails est sensé offrir au lecteur un portrait un peu ridicule de la ministre.

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Il commence par faire état de «couacs en tout genre», se moquant des propos de Jacqueline de Quattro sur les réseaux sociaux, lorsque par exemple elle parle de météo, coincée dans sa voiture, ou du match de foot de la Suisse qu'elle rate en assistant à un congrès PLR. 

Fabien Dunand s'étonne du «grand écart entre le discours et la réalité» de la ministre sur l'amour des animaux, la protection de l'environnement et la condition féminine. 

«Une conseillère d'Etat ne devrait pas dire ça», titre Fabien Dunand. Il ressort de la lecture de ses pages le sentiment qu'un ancien rédacteur en chef, ne serait-ce que par respect pour sa profession, ne devrait pas écrire «ça». 

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