Lausanne

Un patient introduit un pistolet au CHUV et se suicide

Un drame survenu le 2 mars pose des questions sur la sécurité du grand hôpital lausannois. L’introduction d’une arme à feu reste difficilement contrôlable dans un établissement d’une telle envergure

Samedi 2 mars au matin, un patient résidant au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) s’est suicidé dans sa chambre. Il avait en sa possession une arme à feu chargée. Un drame qui suscite des inquiétudes. «Cette triste histoire aurait pu se terminer d’une façon beaucoup plus grave que cela, dénonce une personne désireuse de rester anonyme. Le patient, au lieu de retourner l’arme contre lui, aurait pu tuer un membre du personnel hospitalier ou un autre patient.» La question plus générale de la sécurisation de l’établissement est ici soulevée. «Il y a un problème de sécurité au sein de la structure puisque l’hôpital est accessible à l’ensemble de la population. Il est temps que la direction prenne des mesures pour le bien de ses patients.»

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Le CHUV compte plus de 11 000 collaborateurs et 1500 lits. 73 000 urgences y sont traitées chaque année. Tous les jours, donc, des milliers de personnes entrent et sortent de l’établissement surplombant la ville de Lausanne. Laurent Meier, responsable de la sécurité du CHUV, ne cache pas que l’introduction d’une arme à feu y est possible. «Nous ne sommes pas dans la même logique que celle d’un aéroport: l’accès de l’hôpital durant la journée est libre, nous n’avons pas de portique à l’entrée et les gens ne sont pas fouillés. C’est une faille dont nous sommes conscients et qui est acceptée. L’imperméabilité du CHUV n’est pas souhaitable.»

Trois agents armés de bâtons tactiques

Le libre accès de l’hôpital n’en fait pour autant pas un lieu dénué de sécurité, selon Laurent Meier. «Au sein de l’établissement, nous avons de façon permanente au minimum trois agents de sécurité armés de bâtons tactiques. Les patients alcoolisés ou agressifs sont surveillés et leurs affaires sont contrôlées.» Régulièrement, une unité spécialisée de la gendarmerie vaudoise, le DARD (Détachement d’action rapide et de dissuasion), s’entraîne à se coordonner avec quelques collaborateurs du CHUV pour faire face à des cas d’attaque armée. «Nous devons veiller à pouvoir faire intervenir la police rapidement tout en continuant à exploiter l’hôpital et prendre soin des patients.»

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