Urbanisme

Un petit morceau du projet immobilier Praille-Acacias-Vernets se dessine

Des architectes genevois et lausannois ont remporté le concours d’urbanisme de la pointe nord du méga-projet immobilier PAV. Il devrait abriter 300 logements, 2000 employés de l’Etat, des espaces culturels et de détente

La pointe nord de l’immense projet immobilier Praille-Acacias-Vernets (PAV) possède désormais un visage. Un visage dessiné par les bureaux dl-a designlab-architecture à Genève – qui a transformé la tour RTS – et Bruno Marchand à Lausanne. «Notre projet ne pourrait pas être appliqué à d’autres contextes, explique Inès Lamunière, à la tête de dl-a. Il superpose différentes formes bâties et formes d’activités, en préservant l’histoire de ce quartier.» La mémoire industrielle y est conservée tout en proposant la mixité propre aux nouveaux espaces urbains: le projet prévoit 300 logements, un pôle administratif et des équipements publics et culturels.

Quatre tours de belle hauteur (trois tours d’habitations de 60 mètres et une qui culmine à 100 mètres) marquent en quelque sorte l’entrée de la ville. Elles dialoguent avec des structures plus basses et des maisons dévolues à l’usage collectif. Une frange de bâtiments administratifs émerge du site de l’entreprise Firmenich, pièce maîtresse sans laquelle il aurait été difficile de faire avancer le PAV. En 2017, la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG) a racheté la parcelle pour 70 millions de francs. «L’Etat pourra en profiter pour reloger certains de ses services à moindre coût», explique le conseiller d’Etat chargé du Département du territoire, Antonio Hodgers. Près de 2000 fonctionnaires pourront y être relocalisés. L’hôtel de police sera agrandi, le Théâtre du Loup et la Parfumerie conservés. La rive de l’Arve sera réaménagée, une passerelle fera le lien avec la Jonction.

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«Ma priorité pour cette rentrée politique»

Question délais, Antonio Hodgers se veut optimiste: «Il s’agit d’entamer les plans localisés de quartier (PLQ) en 2019. Les premiers travaux pourraient débuter en 2022-2023, dans la foulée des Vernets.» Sans PLQ, ce projet n’est-il pas prématuré? «Pas du tout, répond le ministre. Comme pour le quartier de l’Etang à Vernier, nous avons revu les processus. Il s’agit de laisser parler d’abord les urbanistes et les architectes, pour s’appuyer sur un beau projet urbain, avant de laisser faire les juristes.»

Ce qui ne règle pas encore le problème cardinal du PAV, sans lequel il ne deviendra pas réalité, même après avoir recueilli 61% des suffrages en votation populaire: le départ des entreprises qui y travaillent. Pour Antonio Hodgers, l’affaire devrait se régler par la création d’une fondation qui négocierait leur départ. Après le refus par le Grand Conseil d’un projet de loi ad hoc, un nouveau projet a été déposé auprès de la Commission du logement. «Cette entité de valorisation foncière est ma priorité pour cette rentrée politique, promet le ministre. D’ici à la fin de l’année, j’espère avoir un vote en ce sens.» Sans quoi, ce premier visage pourrait rester une esquisse rêvée.

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