Les abeilles doivent être davantage protégées des pesticides et des recherches doivent être lancées à ce sujet. Le Conseil national a adopté mercredi deux motions en ce sens mais la majorité de droite a refusé un troisième texte, qui demandait l’extension de la suspension de certains insecticides.

La première motion, adoptée tacitement, demande la mise en place d’un plan d’action national. Il devra déterminer d’ici la fin 2015 les causes de mortalité des abeilles sur une base scientifique afin de pouvoir élaborer les stratégies adéquates et prendre les mesures nécessaires.

Le second texte, accepté par le National par 145 voix contre 41, charge le Conseil fédéral de prendre des mesures pour réduire, d’ici 2023, les risques inhérents à l’utilisation de pesticides pour les abeilles et les autres pollinisateurs. La motion vise également la réduction progressive de l’utilisation de produits phytosanitaires.

Les élus nationaux veulent ainsi montrer leur volonté d’agir face à la forte mortalité des abeilles remarquée ces dernières années. Ces «pertes catastrophiques» ont culminé pendant l’hiver 2011, avec 25% de colonies en moins, a rappelé Isabelle Chevalley (PVL/VD), au nom de la commission des sciences.

Un fait auquel on ne peut «rester insensible», a complété Jacques Bourgeois (PLR/FR), pour la commission de l’environnement. Il ne faut pas pour autant pas interdire tous les insecticides, sans quoi l’agriculture ne pourrait pas produire autant qu’actuellement, a-t-il argumenté. Des recherches sur les effets indirects des pesticides sur les abeilles devraient permettre de mieux cibler leur utilisation.

L’UDC s’est élevée contre une extension de la suspension de l’utilisation de produits phytosanitaires à d’autres cultures et à d’autres insecticides nuisibles aux abeilles.«L’influence d’insecticides sur la mort des abeilles doit être relativisée, aucun lien direct entre l’utilisation de pesticides et la mort des abeilles n’a pu être prouvé», a argumenté Nadja Pieren (UDC/BE).

Son argumentaire a convaincu une majorité de droite. La motion a été rejetée par 99 voix contre 85. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer sur les deux autres.

L’Office fédéral de l’agriculture a décidé ce printemps de suivre la Commission européenne et de suspendre les autorisations de trois pesticides mortels pour les abeilles dans les cultures de maïs et de colza, mais seulement à partir de décembre 2013.

La semaine dernière, l’Union suisse des paysans, apisuisse et le Centre de recherches apicoles d’Agroscope ont indiqué vouloir un plan national de mesures afin de mieux cerner les causes de la mortalité des abeilles. Ils prônent une approche globale plutôt que des interdictions «précipitées» de produits phytosanitaires.

Outre les pesticides, les autres facteurs de risque pour les abeilles sont le parasite varroa, d’autres pathogènes, le manque de médicaments vétérinaires, le manque d’habitats et de nourriture ainsi que le changement climatique.