Malgré les aides fédérales, les petites entreprises sont nombreuses à connaître la crise. Les témoignages critiques de patrons de PME, de restaurateurs, d’indépendants, de maraîchers, de producteurs de plantons et de semences se multiplient. Soit parce que ces petits entrepreneurs craignent déjà de ne pas parvenir à rembourser leurs prêts bancaires dans les délais. Soit parce qu’ils n’ont pas accès aux allocations pour perte de gain (APG) alors que, de fait, les décisions fédérales ne leur permettent plus de travailler. Soit parce qu’ils se sentent victimes d’une stratégie qui favorise les supermarchés au détriment des petits producteurs locaux. «Les décisions du Conseil fédéral sont arbitraires», dénoncent en chœur une indépendante et le patron d’une petite société anonyme industrielle.

Lire aussi: Les compagnies européennes en mode service minimum

Elément central du tissu économique suisse, les PME ne sont pas les seules à attendre une action plus cohérente du gouvernement. Comme l’a indiqué vendredi le chef du Département fédéral des finances, Ueli Maurer, des sociétés plus grandes espèrent elles aussi bénéficier d’un crédit-relais. La limite étant fixée à 20 millions de francs par cas, mais au maximum 10% du chiffre d’affaires, les dossiers de ces entreprises doivent faire l’objet d’un examen beaucoup plus approfondi. «En principe, les actionnaires portent la responsabilité économique de ces sociétés. Toutefois, la Confédération doit se demander dans chaque cas s’il existe un risque systémique pour l’infrastructure du pays», a-t-il ajouté, sans donner davantage de détails.

Entre 3 et 5 milliards

Cette petite phrase cible spécifiquement l’infrastructure aéronautique. Un groupe de travail interne à l’administration fédérale a été mis sur pied pour analyser ce cas particulier, a révélé le ministre des Finances. Cela concerne la compagnie Swiss, mais aussi EasyJet, les aéroports, brutalement mis au repos forcé par la crise sanitaire, ainsi que les sociétés Gate Gourmet, SR Technics et Swissport. L’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) et l’Administration fédérale des finances (AFF) sont à la manœuvre.

Lire également: EasyJet veut une aide publique de la Suisse

Les opérations doivent cependant être coordonnées avec l’Allemagne, l’Autriche et la Belgique, partenaires au sein du groupe Lufthansa auquel appartient Swiss. Selon la SonntagsZeitung, le maintien de l’infrastructure aéronautique pourrait nécessiter une injection financière de l’ordre de 3 à 5 milliards de francs. Ueli Maurer a précisé que le Conseil fédéral se pencherait sur ce dossier lors de l’une de ses prochaines séances, peut-être ce mercredi.

Lire encore: Le Conseil fédéral porte les cautions à 40 milliards

Il est encore difficile de dire sous quelle forme une aide de l’Etat pourrait se concrétiser. La SonntagsZeitung évoque trois pistes: participation de l’Etat au capital, crédit transitoire ou garantie de l’Etat. Le premier scénario semble le plus problématique en raison de la structure internationale du groupe Lufthansa.