Agé de 40 ans, le Fribourgeois Julien Chable est le commandant d’un contingent de trois policiers et deux gardes-frontière suisses. Le Temps l’a rencontré à Fribourg, où il a passé les Fêtes en famille, en attendant que l’ONU le rappelle. Pour la première fois, il témoigne de ses quinze mois passés en Côte d’Ivoire et de son rôle au sein de la police scientifique locale.

[…] «Je travaille dans le domaine de la police scientifique. Mon rôle est d’aider et de former la police et la gendarmerie ivoiriennes. Avant de postuler pour ce mandat, j’ai dirigé pendant dix ans le service de l’identification judiciaire au sein de la police cantonale fribourgeoise, dont j’ai dû démissionner pour partir en Côte d’Ivoire.

A Abidjan, je vis au centre de la capitale, en colocation avec les deux autres policiers suisses. Les troubles politiques ont bien sûr eu des conséquences sur mon travail. La situation est tendue; le quotidien difficile. Les forces de l’ordre en Côte d’Ivoire sont majoritairement en faveur du chef d’Etat sortant, Laurent Gbagbo; or l’ONU, par l’intermédiaire de son représentant, a certifié les élections et confirmé, le 4 décembre, Alassane Ouattara vainqueur du scrutin. Une victoire contestée par les pro-Gbagbo. Cela nous a valu des chicaneries, surtout dans le sud du pays, comme des blocages de routes, des difficultés à obtenir des laissez-passer…

Lors des violences qui ont suivi les proclamations des résultats, les patrouilles d’UNPOL ont été fortement entravées dans leurs déplacements et dans leur travail. L’ambiance était très lourde: la circulation s’était arrêtée à Abidjan – il faut imaginer une ville de 5 millions d’habitants sans une voiture sur les artères principales… –, des colonnes de fumée noire s’élevaient dans le ciel depuis les quartiers où des manifestations avaient lieu, le tout étant ponctué de coups de feu au loin.

Tant que la situation n’est pas clarifiée, nous ne travaillons plus directement sur le terrain avec la police ivoirienne. Je suis rentré en Suisse le 18 décembre et suis maintenant en «stand-by». Mes collègues sont, eux, déjà de retour en Côte d’Ivoire. […]

Lire l’intégralité de ce témoignage dans notre édition du jeudi 13 janvier