C’est tout à fait exceptionnel. Un policier qui plaide coupable et accepte sa condamnation pour un délit de chauffard commis lors d’une intervention officielle urgente. Il faut dire que l’agent en question, incorporé à Police Nyon Région, a fait fort en matière de conduite dangereuse. Tous ces risques pris pour interpeller non pas un malfrat endurci ou un terroriste parti commettre un attentat, mais un scootériste peu respectueux du code de la route. La poursuite s’est terminée par des heurts et par la chute du deux-roues sur territoire genevois. Défendu par Me Fanny Roulet-Tribolet, le prévenu se plie donc à la peine de 14 mois de prison avec un sursis d’une durée de 3 ans, négociée dans le cadre d’une procédure simplifiée.

Vive allure

L’acte d’accusation, rédigé par le procureur général Olivier Jornot, a été entériné ce mardi par le tribunal à l’issue d’une brève audience destinée à vérifier la conformité de l’ensemble. Celui-ci retient que le 6 juin 2018, vers 13h00, le policier en question a entrepris une course poursuite, entre la rue de la Vy-Creuse à Nyon et l’entrée du village de Céligny, sirène et feu bleu enclenchés, en présence de son collègue et dans le but d’interpeller un motocycliste. Lors de cette intervention, il a circulé sur la route de Crans à une vitesse de 135 km/h, alors que la vitesse maximale autorisée sur ce tronçon est de 60 km/h, soit un dépassement, marge de sécurité déduite, de 61 km/h.