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Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann et le secrétaire d'Etat Mauro Dell'Ambrogio.
© LUKAS LEHMANN/KEYSTONE

Succession

Un poste de secrétaire d’Etat à digitaliser

Le secrétaire d’Etat Mauro Dell’Ambrogio prend sa retraite à la fin de l’année. Le profil de son successeur devrait être adapté aux besoins numériques d’aujourd’hui

La Suisse aura-t-elle bientôt un secrétaire d'Etat chargé du numérique? La question se pose à l'heure où la succession du secrétaire d'Etat à la Formation, à l'éducation et à la recherche (SEFRI) Mauro Dell'Ambrogio se prépare. Son départ à la retraite n'a pas encore été annoncé officiellement. Mais, comme l'a révélé la RTS jeudi soir, son poste a déjà été mis discrètement au concours sur le site de l'administration fédérale pour le 1er janvier 2019.

A Berne, les mauvaises langues relèvent que le départ de Mauro Dell'Ambrogio aura été aussi discret que sa carrière. Le parcours du Tessinois de 65 ans est pourtant très hétéroclite: juge, commandant de la police cantonale, secrétaire général de l'Université de la Suisse italienne, directeur d'un groupe de cliniques privées, directeur de la Haute Ecole de la Suisse italienne, puis, en 2008, secrétaire d'Etat à l'éducation et à la recherche en remplacement de Charles Kleiber. Lorsque l'ensemble des compétences fédérales en matière de pédagogie ont été regroupées au sein du Département fédéral de l'économie et de la formation (DEFR) en 2012, il ne fut pas le premier choix de Johann Schneider-Ammann. Le ministre lui préférait une connaissance de longue date, Roman Bouteiller. Mais le Conseil fédéral mit son veto, car Roman Bouteiller présidait le conseil d'administration de l'ancien groupe industriel de Johann Schneider-Ammann. Mauro Dell'Ambrogio put finalement conserver le poste de secrétaire d'Etat, et ses compétences furent élargies.

Le PLR à fond dans le numérique

Faut-il profiter de sa retraite pour donner à son successeur des pouvoirs étendus pour les questions numériques? Le conseiller national Fathi Derder (PLR/VD) en est convaincu. Il a déposé en 2016 une motion demandant un pilotage digital fort au niveau fédéral. Elle fut acceptée l'automne dernier par le Conseil national. Mais la commission compétente du Conseil des Etats l'a stoppée voici quelques jours à une large majorité. Elle oppose à Fathi Derder l'argument suivant: «Vu la complexité et le caractère transversal des défis posés par la société de l'information, aucune instance n'est en mesure de les gérer seule».

Fathi Derder ne se laisse pas désarçonner. Lors de la session parlementaire de mars, il compte intervenir pour «recalibrer» le poste de secrétaire d'Etat du DEFR et en faire un leader numérique. L'annonce publiée par l'administration fédérale demande d'ailleurs des aptitudes dans ce domaine, parmi d'autres.

Le parti de Fathi Derder a un rôle clé à jouer dans ce dossier. Johann Schneider-Ammann et Mauro Dell'Ambrogio en sont membres. Il compte dans ses rangs quelques experts ès digitalisation, comme Ruedi Noser (ZH), Marcel Dobler (SG) ou Philippe Nantermod (VS). Et le parti fait l'une de ses priorités pour la fin de la législature. Il se soucie précisément des effets de la mutation technologique sur l'économie, la formation, le télétravail, l'enregistrement du temps de travail, autant de tâches qui relèvent du DEFR.

Le PLR veut aussi que la Suisse passe rapidement à la technologie de téléphonie mobile 5G. Or, cette problématique relève du département de Doris Leuthard. C'est précisément là que réside le principal obstacle à l'extension des pouvoirs du SEFRI. En 2016, lorsqu'il a adopté sa stratégie pour une Suisse numérique, le Conseil fédéral a confié le pilotage du dossier à l'Office fédéral de la communication (Ofcom), qui fait partie du portefeuille Doris Leuthard. Et c'est un troisième ministère, celui de la Défense, qui s'occupe de la cybersécurité. Cette dispersion des compétences ne doit pas être une raison pour ne pas «numériser» le SEFRI, estime Fathi Derder.

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