Un intérim, ou l’adoubement du successeur? Philippe Gillet balaie la question. Le vice-président de l’EPFL chargé des affaires académiques remplacera Patrick Aebischer pour un semestre, ni plus, ni moins. Du mois d’août jusqu’à janvier 2014, le patron de l’institution prend un congé sabbatique. Il dit vouloir, notamment, étudier les perspectives de l’enseignement en ligne, en particulier en Afrique francophone (LT du 05.01.2013).

Une démarche parfois pratiquée à la tête des universités anglo-saxonnes, mais inédite dans le domaine des écoles polytechniques fédérales. Raison pour laquelle il a fallu que le Conseil fédéral nomme Philippe Gillet pour l’intérim, décision annoncée mercredi.

Naguère à la tête de l’Ecole normale supérieure de Lyon, puis directeur de cabinet de l’ex-ministre française de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, Philippe Gillet est arrivé à l’EPFL en avril 2010. Pour son troisième mandat depuis 2000, Patrick Aebischer avait annoncé vouloir se concentrer sur les options stratégiques. Sa législature court jusqu’au printemps 2016, et il n’a, à ce stade, pas annoncé d’intention pour ce qui est de la suite, c’est-à-dire souhaiter rempiler ou non.

De fait, pour les affaires courantes en dehors des questions d’innovation, de la construction du campus ou des systèmes d’information, assumées par d’autres vice-présidents, c’est déjà Philippe Gillet qui tient la maison.

Il assure qu’un remplacement temporaire de la figure de proue «illustre la robustesse de l’institution. La possibilité d’un tel intérim montre que le système n’est pas un château de cartes, et qu’il permet à son président de faire ce qu’une institution supérieure attend de lui». Pour la suite, le président en exercice «déterminera sa volonté, cela relève de son choix».

Ce semestre de remplacement comprendra notamment l’ouverture, à la rentrée, d’un grand bâtiment de logements pour étudiants, en cours de construction dans le même complexe qui inclura un centre de congrès.