Déjà sept longues années qu’un logiciel espion a pris le chemin des ordinateurs de deux journalistes de la RTS et du Temps. Enlisée dans une interminable bataille procédurale, renvoyée une première fois pour cause d’avocat testé positif au covid, cette affaire doit enfin être jugée dès lundi à Genève. Sur le banc des prévenus, le vigneron valaisan Dominique Giroud, accusé d’avoir commandité le piratage finalement raté, tient la vedette de ce casting improbable. A ses côtés, un agent désormais banni du Service de renseignement de la Confédération, un détective privé transformé en Judas de cette folle histoire ainsi qu’un surdoué de l’informatique recruté pour l’occasion et désormais accablé par tous les autres. Les quatre compères plaident l’acquittement en affirmant n’avoir jamais voulu mettre ce plan à exécution et l’ambiance promet d’être électrique.

Des sujets qui fâchent

L’audience va vite s’animer avec les questions préjudicielles de la défense attendues en guise de hors-d’œuvre. Autant d’occasions d’envoyer quelques missiles et de donner le ton avant le plat de résistance. Parmi les sujets qui fâchent, il y a le rôle controversé d’Yves Steiner (qui sera présent à l’audience en qualité de partie plaignante), l’ancien enquêteur de la RTS, passé au Contrôle fédéral des finances, et cible avertie du malware. La défense tente en effet de lui faire porter le chapeau de pousse-au-crime de l’histoire, à cause de ses liens avec le drôle de détective qui avait été embauché par Dominique Giroud pour «gérer la crise médiatique» et qui l’aggravait en livrant tous les secrets de l’encaveur.