Ce n’est pas une surprise pour qui observe la vie politique à Neuchâtel. Le projet du Conseil communal de la ville de transformer l’actuel carrefour Numa-Droz d’entrée au centre historique, réglé par des feux, en un espace mixte, où bus, vélos, voitures et piétons auraient dû se côtoyer harmonieusement, a été rejeté par 6217 voix contre 3916, soit 61,3% de rejet. La participation a atteint 41,3%

Ce n’est pas une surprise, car les autorités n’ont pas su apporter de réponses convainquantes aux opposants, petits commerçants et TCS, qui craignaient que le réaménagement débouche sur un chaos général. Une majorité d’électeurs n’a pas cru qu’un vaste rond-point quadrangulaire absorberait sans autre les 22 000 véhicules par jour qui passent par là. Elle a estimé que la transformation générerait davantage de désagréments que d’avantages. Que, contrairement à l’argument des partisans, le nouvel aménagement couperait encore un peu plus l’accès de la ville au lac.

Ce d’autant que le programme devait supprimer 54 places de stationnement de courte durée. Et qu’il coûtait cher, 10 millions, même si la ville a les moyens de se payer un tel aménegement, qui aurait été subventionné à hauteur de 1 million par la Confédération et de 3,2 millions par le canton.

Dans un canton qui sort d’une législature gouvernementale problèmatique, le rejet d’un projet important du chef-lieu interpelle. Moins de six mois après le refus du vaste programme de mobilité RER-Transrun. Neuchâtel refuse-t-il tout programme de développement et de modernisation?

Se pose encore une fois la question de la relation de confiance – ou de défiance – entre la population et ses autorités. Certes, en ville de Neuchâtel, il n’y a pas, a priori, de problème de crédibilité de l’exécutif communal, élu il y a moins d’une année. Il n’empêche, les deux porteurs du projet Numa-Droz, le PLR Pascal Sandoz et le socialiste olivier Arni, subissent tous deux un camouflet, comme l’ensemble de l’exécutif et la majorité du parlement de la ville, favorables au programme.

Neuchâtel – le canton cette fois – a un autre rendez-vous majeur avec ses électeurs, le 14 avril, puis le 5 mai, avec les élections cantonales. A six semaines du rendez-vous, la votation en ville de Neuchâtel apporte une nouvelle démonstration qu’il y a de la grogne dans la population.