Relations

Un quart des adolescents en couple se disent violentés par leur petite amie

Une étude zurichoise sonde les relations chez les 15-16 ans. Des filles sont forcées d’envoyer des photos d’elles nues

Un quart des adolescents se disent violentés par leur petite amie

Enquête Une étude zurichoise sonde les relations de couple chez les 15-16 ans

Des filles sont forcées d’envoyer des photos d’elles nues

C’est une immersion dans la vie intime des 15-16 ans qui a été présentée mardi à Zurich. L’EPFZ a mené un sondage auprès de 2500 jeunes en fin de scolarité obligatoire dans le canton de Zurich. L’unité de recherche en criminologie les a questionnés par écrit et de manière anonyme sur les actes de violence qu’ils avaient commis ou subis à l’école, dans la rue ou à la maison – à l’instar des deux précédents sondages effectués en 2007 et 1999. Pour la première fois, les chercheurs se sont aussi intéressés à leurs rapports amoureux et leur agressivité au sein du couple.

De manière générale, la violence juvénile diminue nettement (–35%), salue le professeur Denis Ribeaud, responsable de l’étude financée par le canton ainsi que l’Office fédéral des assurances sociales. Les jeunes commettent moins d’agressions physiques, de vols, d’extorsions, ou de mobbings à l’école qu’il y a sept ans, selon les réponses données tant par les victimes que par les agresseurs.

Un seul type de violence n’a pas significativement reculé: les agressions sexuelles. Un peu plus de 3% des jeunes interrogés disent avoir été victimes de violences sexuelles au cours des trente derniers mois. «En revanche, le profil de l’agresseur a changé depuis quinze ans, précise Denis Ribeaud. Il ne s’agit plus d’adultes du même cercle familial mais plutôt de jeunes du même âge connus au cours de sorties.»

La plupart des 15-16 ans sont célibataires. A peine plus d’un tiers des garçons déclarent avoir eu une petite amie au moins une semaine, au cours de l’année écoulée; et seul un tiers de ces couples ont des relations sexuelles. Ce qui ne les épargne pas des actes de contrainte et d’agressivité.

19% des filles de 15-16 ans qui sont en couple ont subi des violences sexuelles de leur petit ami. «Il faut préciser que cela inclut les agressions de type électronique, comme l’envoi de photos d’elles dénudées, commente Denis Ribeaud. Cela peut paraître moins brutal que des actes physiques, mais au final, les conséquences pour la victime peuvent être aussi graves», précise le chercheur en marge de l’étude.

Dans le détail, 8% des filles en couple ont été forcées d’envoyer des images à caractère sexuel à leur petit ami; 5% subissent des rapports contre leur volonté.

«A l’inverse, quand il s’agit de violences non sexuelles, les garçons sont plus souvent les victimes», précise le sociologue. Un quart des jeunes hommes de 15-16 ans en couple disent avoir été violentés par leur petite amie. 14% des filles interrogées admettent notamment gifler ou griffer leur compagnon.

Mais la violence la plus répandue parmi les jeunes amoureux relève davantage du contrôle, de la surveillance. La majorité des adolescents tentent de maintenir une emprise sur leur âme sœur, en contrôlant par exemple son portable ou en le questionnant. Un quart grosso modo des jeunes filles et garçons sont isolés, empêchés de voir d’autres gens.

«La violence au sein du couple est souvent réciproque. Les deux partenaires prennent tour à tour le rôle de l’agresseur et de la victime», précise Denis Ribeaud.

Sans surprise, le modèle parental est un facteur de risque. Des enfants grandissant dans un environnement conflictuel auront plus de probabilité de devenir violents envers leur compagnon. «Les garçons et filles attachés aux représentations traditionnelles – l’homme domine, la femme reste au foyer – développent aussi davantage cette tendance», remarque le chercheur. Il s’inquiète également de l’impact des médias électroniques sur les violences de couple, comme pour tous les types de violence.

L’étude présentée mardi à Zurich a été menée également dans le canton de Vaud. Les résultats des deux cantons seront présentés le 21 mai à Lugano.

La violence la plus répandue dans les couples relève davantage du contrôle, de la surveillance

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