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La mosaïque récemment mise au jour à Avenches.
© L. Francey/O.Heubi

Archéologie

Un rare témoignage de l’époque romaine réapparaît à Avenches

Une mosaïque d’une finesse particulière a été mise au jour dans un secteur peu connu d’Aventicum. Le Musée romain veut la valoriser, reste à savoir comment

«Même si nous avions des indices de restes, c’est toujours une surprise», dit Pierre Blanc, responsable des fouilles au Site et musée romains d’Avenches, sur le site de la découverte. C’est le 28 août dernier qu’une équipe d’archéologues est tombée sur cet impressionnant vestige au bord de la route cantonale: une mosaïque colorée dont le carré central mesure 1 m 55. La dernière trouvaille comparable remonte à 2011.

Les fouilles ont été entreprises de manière préventive en raison de travaux de réfection des canalisations. La route cantonale recouvre en effet l’ancien decumanus maximus, l’axe est-ouest de la cité romaine.

D’autres trésors à découvrir en perspective

Cette région excentrée du site de l’ancienne cité romaine n’a que peu été explorée jusqu’à présent. «Découvrir de tels vestiges permet de mieux comprendre comment la ville était aménagée, sa densité ainsi que son développement», explique Nicole Pousaz, l’archéologue cantonale. La spécialiste n’écarte pas l’éventualité de trouver d’autres trésors sur les 500 mètres de tranchées qui restent à fouiller.

La mosaïque présentée mercredi aux médias se trouvait dans une maison d’habitation. Lors de fouilles précédentes, d’autres mosaïques ont été mises au jour près de la porte est, à l’autre extrémité d’Aventicum. La découverte de ces vestiges aux entrées de la ville antique indique la présence de belles demeures à ces endroits.

Une époque tardive

Bien conservé et pratiquement complet, le vestige est orné de motifs bordeaux et bleus symbolisant plantes et formes géométriques. Au centre, un médaillon circulaire montre un récipient sur lequel deux oiseaux semblent se pencher. Les petits bouts de marbre importés qui décorent la fresque ont retenu l’attention des spécialistes. Le marbre a probablement été récupéré sur des bâtiments prestigieux d’Egypte ou de Tunisie, ce qui témoignerait d’une époque romaine tardive, explique Marie-France Meylan Krause, directrice du site. D’autres indices plaident pour l’Antiquité tardive: la fine dalle sur laquelle la mosaïque repose et le fait qu’elle ait été retrouvée dans une habitation dotée d’un système de chauffage. «La datation n’est pas encore établie», souligne Pierre Blanc, qui parle toutefois d’une période postérieure à 300 après Jésus-Christ.

L’épineuse question de la conservation

La prochaine étape, extrêmement délicate, qui devrait être franchie d’ici à fin septembre, sera l’extraction et le déplacement de la pièce. Cette manœuvre devra se faire en un bloc si l’on veut éviter de l’endommager, précise le superviseur des fouilles. L’objet fait ensuite un arrêt au laboratoire où il sera passé à la loupe. Puis vient l’épineuse question de la conservation. «Lorsque l’on découvre un tel vestige, on a envie de le montrer, mais il faut aussi le maintenir en bon état», dit Pierre Blanc. Le musée romain d’Avenches a la volonté de mettre la mosaïque en valeur entre ses murs; toutefois, il est encore trop tôt pour planifier une exposition, précise la directrice, qui quittera son poste à la fin de l’année.

Le successeur de Marie-France Meylan Krause n’est pour l’heure pas encore connu, les postulations étant en cours. Quant au projet du nouveau musée romain, qui devrait se situer derrière le cimetière, le canton est toujours en discussion avec la commune d’Avenches au sujet du plan d’affectation.

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