Genève

Un recours demande un nouveau vote sur Pré-du-Stand

Les variations entre les deux décomptes de voix ont convaincu la famille propriétaire du terrain agricole de faire appel

Le déclassement de la zone agricole de Pré-du-Stand fera-t-il l’objet d’un troisième dépouillement? C’est ce que demande le recours que la famille Tissot a déposé ce lundi, devant la Chambre constitutionnelle, suite à la publication des résultats dans la Feuille d’avis officielle du canton de Genève. Son motif: violations des opérations électorales.

Pour rappel, le dimanche 24 novembre au soir, le projet de construction de cinq terrains de football, d’un centre de formation et de bureaux sur les 12,8 hectares appartenant à cette famille était provisoirement accepté par la population genevoise. La marge était minime: 15 voix. Si bien que la Chancellerie d’Etat, chargée des opérations de vote, décida de procéder le lendemain à un nouveau décompte des bulletins de vote.

Lire aussi: Le recomptage sauve la zone agricole de Pré-du-Stand

Lundi 25 novembre, à 19 heures, le verdict des urnes avait changé. Ce projet était finalement déclaré perdant pour 9 voix! Vingt-quatre bulletins avaient changé de sens. Le communiqué des autorités donnait cette explication rocambolesque: «Sur l’ensemble des bulletins dépouillés, les correctifs suivants ont été apportés: vote par correspondance: 6 votes ont été requalifiés négativement; vote à l’urne: 18 votes ont été requalifiés négativement. Au final, l’objet est donc rejeté par 9 voix d’écart.»

Sur la base de ces chiffres, nos confrères de la RTS ont poussé l’enquête plus loin pour déterminer que la moitié des bureaux de vote du canton sont concernés par le correctif. Dans certaines communes comme à Bernex, des bulletins blancs ont été requalifiés en «non». «Ce cas de figure n’est pas isolé, puisqu’on le retrouve dans 21 bureaux de vote, détaillait le site internet RTS Info: soit des bulletins blancs ont été transformés en oui ou en non, ce qui est arrivé 15 fois, soit des bulletins cochés sont devenus blancs, ce qui s’est produit 18 fois.» La Chancellerie évoquait des «failles humaines et techniques» pour expliquer cette situation gênante.

Le recours de l’hoirie Tissot cite largement cette enquête de même que des articles parus dans 20 minutes pour justifier son recours. L’ampleur des correctifs a en effet convaincu les propriétaires du terrain que le recomptage du lundi n’est pas fiable. Un troisième dépouillement ne serait pas de nature à renforcer la confiance des Genevois, même si la famille demande son organisation. C’est in fine un nouveau vote qu’elle réclame.

L’hoirie Tissot avait conclu un accord avec une entreprise mandatée dans le cadre d’un partenariat public-privé. C’est elle qui devait financer l’opération prévue dans cette zone agricole du Grand-Saconnex, non loin de l’aéroport.

Publicité