Décidément, pour autant qu'il franchisse l'ultime obstacle de la votation populaire du 16 mai, le programme d'attractivité et de développement «Jura, Pays ouvert» aura connu bien des tourments dans son processus d'élaboration, lancé en 2000. A six semaines du scrutin, après trois lectures parlementaires et deux recours devant la justice pour vérifier la constitutionnalité du texte, trois députés socialistes, dont le président du groupe parlementaire, Gilles Froidevaux, interpellent une fois encore la Cour constitutionnelle. Ils s'insurgent contre le message explicatif du gouvernement, diffusé pour l'instant uniquement sur le site Internet du canton (http://www.jura.ch), «profondément antidémocratique, estiment-ils, car il ne fait nullement apparaître les arguments des opposants […] et passe sous silence le fait que le projet a été adopté par le parlement par 37 voix contre 17». Dix-sept oppositions socialistes et d'extrême gauche, combattant un point particulier du programme, la création d'une fondation de droit public pour piloter un projet qui s'étendra sur vingt ans.

Les recourants socialistes demandent à la justice d'«ordonner au gouvernement d'exposer de manière suffisante et objective les arguments opposés à la loi soumise au vote». Ils exigent une nouvelle rédaction du message officiel à distribuer aux électeurs et, au besoin, la suspension de la votation du 16 mai.