Le référendum contre le décret de financement des travaux de 3e correction du Rhône a été lancé vendredi. Les opposants au projet doivent réunir 3000 signatures jusqu’au 5 janvier prochain.

Les référendaires ne sont pas opposés au projet sur le fond, mais à la variante choisie par le gouvernement. Mais «le Conseil d’Etat n’a pas donné la possibilité au peuple valaisan de se déterminer de manière démocratique sur le choix de la variante», a déclaré vendredi le président du comité référendaire Willy Giroud.

Pour porter ce projet devant le peuple, le référendum contre le décret de financement est la seule possibilité. «Le débat portera inévitablement sur le fond car le financement est indissociable des choix techniques», estime Jérôme Desmeules, vice-président du comité.

Coût démesuré

Le coût du projet est pointé du doigt par les référendaires. Dans sa version actuelle, il coûterait 3 milliards de francs, dont 500 millions à charge du canton, durerait 30 ans, supprimerait 300 hectares de surface d’assolement et nécessiterait de déplacer 15 millions de mètres cubes de terre.

Le coût total avancé ne tient pas compte du déclassement de 300 hectares de terrains à bâtir pour compenser les surfaces d’assolement perdues. Elles doivent être compensées selon la législation fédérale. Il faudrait compter avec près d’un milliard supplémentaire, estime M. Giroud.

Trois fois moins cher

La variante prônée par les référendaires serait réalisée en 10 ans pour un coût d’environ 1 milliard de francs. Elle privilégie, partout où c’est possible, de renforcer les digues et d’approfondir le lit du fleuve d’environ 1 mètre. «Cette solution remplit entièrement les objectifs sécuritaires», précise M. Giroud.

Le comité se défend de vouloir un Rhône canalisé sur toute sa portion valaisanne. Il estime que la valeur paysagère et touristique du fleuve est fonction de l’équipement et de l’aménagement harmonieux des digues et non des élargissements entre celles-ci comme le prévoit le projet du gouvernement.

L’élargissement du fleuve comme voulu par l’exécutif cantonal demande de déplacer 15 millions de mètres cubes de terre qu’il faudra entreposer ailleurs. Cette mise en décharge est très onéreuse et peut représenter jusqu’à la moitié des coûts.

Milieux agricoles en tête

Composés de représentants de milieux agricoles et de l’UDC, seul parti opposé au décret de financement, le comité référendaire a été rejoint par l’association «Sauvegardons les coteaux valaisans». Elle milite en faveur de l’enfouissement des lignes électriques à très haute tension. Et la variante de correction du Rhône prônée par les référendaires permettrait de prévoir une fouille pour accueillir ces lignes sur toute la longueur du fleuve.

Le décret a été accepté le 11 septembre au Grand Conseil par 114 voix contre 5. Il prévoit la création d’un fonds pour financer ce projet qui permet au canton d’injecter 120 millions de francs en dix ans. La Confédération prendrait en charge 700 millions de francs sur cette période.