Le conseiller d'Etat Philippe Biéler aura bientôt un autre dossier à défendre devant le peuple. Le référendum financier obligatoire va s'appliquer au crédit-cadre de 41 millions de francs que le Conseil d'Etat demande pour le programme quadriannuel des améliorations foncières (AF).

Depuis les années 60, le canton a dépensé des centaines de millions de francs pour soutenir les programmes collectifs de remaniements parcellaires, d'équipement et de desserte des zones agricoles et viticoles, afin de diminuer les frais de production. Les améliorations foncières n'ont pas bonne presse, du fait que ces généreuses contributions agricoles ont notablement contribué à l'appauvrissement du paysage, par la suppression des haies et le bétonnage des chemins.

Cette image est aujourd'hui dépassée, assure le chef du Département des infrastructures, qui n'éprouve aucune difficulté, comme écologiste, à défendre ce nouveau programme. Depuis 1997, la loi vaudoise inclut l'objectif du maintien et de la mise en valeur de tout l'espace rural, rappelle-t-il. Ces dernières années, les chemins en gravier stabilisé sont préférés dans la mesure du possible aux chemins de béton, des tronçons de cours d'eau ont été remis à ciel ouvert, des bassins de rétention créés. La réalisation de ces projets s'étendant sur plusieurs années, certains des plus anciens restent toutefois insatisfaisants, précise M. Biéler.

L'Etat consacre environ 10 millions par an pour les AF, pour une dépense globale réelle 35 millions, si l'on tient compte des subventions fédérales et des contributions volontaires des communes. Les 41 millions demandés au Grand Conseil pour la période 2002-2005 concernent 125 projets. Les travaux des AF n'en finiront probablement jamais: un premier «syndicat de 2e génération» a vu le jour à Sugnens, près d'Echallens.