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Milan, capitale de la Lombardie, où se déroule le 22 octobre un référendum consultatif sur un statut d'autonomie pour la région.
© Courtney Bonnell / AP Photo

Autonomie

Un référendum en Lombardie suscite des espoirs au Tessin

Dimanche, les Italiens de Lombardie et de Vénétie votent lors d'un référendum consultatif sur un statut particulier pour ces deux régions. Un processus qui pourrait profiter à l’économie tessinoise

«Pour nous, au Tessin, une plus grande autonomie de la Lombardie serait bénéfique», assure le conseiller national Marco Chiesa (UDC), vice-président de la délégation parlementaire suisse pour les relations avec l’Italie. Le 22 octobre, les Italiens de Lombardie et de Vénétie se prononceront dans un référendum consultatif sur un statut particulier pour ces deux régions. En Lombardie voisine, les promoteurs de l’initiative, que soutiennent pratiquement tous les partis, font valoir que leur région, plus autonome, serait parmi les plus prospères d’Europe.

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Il s’agirait pour la Lombardie et la Vénétie de bénéficier d’un statut particulier, comme c’est le cas de la Sicile, la Sardaigne, le Val d'Aoste, le Frioul-Vénétie Julienne et le Trentin-Haut-Adige. Pour Roberto Maroni, président de la Lombardie, une région de plus de 10 millions d’habitants, le but d’une autonomie accrue est d’obtenir davantage de compétences, notamment fiscales. De sorte qu’une plus large part des 54 milliards d’euros versés annuellement à Rome reste en Lombardie.

Le scrutin lombard suivi attentivement au Tessin

Au Tessin, le scrutin lombard sera suivi attentivement. Le conseiller national Marco Chiesa est convaincu que le oui remportera un «grand succès». Le développement du potentiel économique de la région voisine serait favorisé, relâchant la pression sur le marché tessinois de l’emploi, où 65 500 postes de travail sur 230 000 sont occupés par des frontaliers, fait valoir l’élu UDC.

Marco Chiesa souligne que la Lombardie est la région la plus proche du Tessin, plus que Berne ou Zurich, géographiquement mais aussi culturellement. Il rappelle que jusqu’à récemment, elle était un moteur économique à l’échelle du continent: «On le sait, son argent était déposé dans nos banques.»

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En revanche, aujourd’hui, elle compte 350 000 chômeurs et l’impulsion entrepreneuriale y est freinée par le système politique italien, décrit le conseiller national, et son économie est asphyxiée fiscalement par Rome.

Relations plus simples avec une Lombardie autonome

Autre conseiller national, le PDC Fabio Regazzi, qui préside l’Association de l’industrie tessinoise (AITI), voit le référendum lombard avant tout comme une opération populiste menée par la Lega Nord au pouvoir pour tirer de nouveaux avantages de l’Etat central. «Cela dit, la Lombardie est un voisin important et ce qui s’y passe ne peut nous laisser indifférents.»

Une Lombardie plus autonome serait intéressante pour le Tessin, admet Fabio Regazzi: «Cette évolution faciliterait nos liens avec la région, que ce soit par rapport aux transports, aux travailleurs frontaliers ou aux questions économiques. Nous avons plus d’affinités avec celle-ci qu’avec l’Etat fédéral italien. Sans devoir passer par Rome, nos relations seraient plus simples et directes.»

Pas d’autonomie tout de suite

«Nous suivrons le scrutin de près pour comprendre ce que pensent les travailleurs frontaliers lombards», affirme pour sa part Andrea Puglia, responsable de l’Office des frontaliers du syndicat tessinois OCST. Il doute cependant qu’un statut spécial puisse être concédé à la Lombardie. Le cas échéant, plusieurs autres régions en réclameraient un.

«Dans le cas hypothétique où la Lombardie disposerait de plus d’autonomie, étant la région la plus dynamique du pays, son taux de chômage pourrait diminuer, rendant le Tessin moins intéressant comme source d’emplois», avance-t-il, ajoutant qu’il s’agirait là d’un scénario à long terme. «Pour l’instant, nous n’avons pas d’attentes. Cette opération pourrait éventuellement aboutir à des résultats concrets dans quelques décennies.»

A Milan, le président de la Chambre de commerce suisse en Italie, Giorgio Berner, souligne que la Lombardie est une grande admiratrice du fédéralisme à la suisse, les régions italiennes étant beaucoup plus assujetties au pouvoir central. Le référendum – selon lui une opération de marketing politique – n’aura qu’une valeur consultative, rappelle-t-il. Les promoteurs de l’initiative s’étant mobilisés massivement, le oui a de bonnes chances de gagner. «S’il remporte un succès important, cela pourrait mettre une forte pression sur les autorités régionales pour réclamer plus d’indépendance.»

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