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«Un refus du congé paternité serait catastrophique»

La gauche rebondit sur la grève des femmes pour entériner ses propositions politiques. Qu’en pense la droite et comment compte-t-elle occuper le terrain? Deux candidates aux élections fédérales, la PDC genevoise Sophie Buchs et la libérale-radicale fribourgeoise Johanna Gapany, réagissent

Afin que les femmes puissent bénéficier des mêmes chances que les hommes d’accéder à un mandat politique, faut-il instaurer des listes électorales paritaires au sein de tous les partis en Suisse, comme le demande la motion de la conseillère nationale verte Irène Kälin? «Je serais plutôt favorable à avoir des quotas, mais pas forcément pour les exécutifs, répond la candidate PDC genevoise au Conseil national Sophie Buchs. Les quotas dans les parlements, ça permet de faire surgir suffisamment de fortes personnalités dans les législatifs pour que l’on ait l’embarras du choix dans les exécutifs.»

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«Inciter plutôt qu’obliger» est un mantra du PLR. «Ces listes paritaires ne doivent pas être une obligation mais une responsabilité claire de chaque parti», répond Johanna Gapany. La candidate fribourgeoise PLR au Conseil des Etats souligne que l’âge, les professions, les régions sont des facteurs tout aussi importants pour être représentés que le genre, en politique.

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Un congé paternité à tout prix

Les femmes socialistes demandent un congé parental de 50 semaines. Comment la droite le perçoit-elle? «Je suis pour, déclare la PDC Sophie Buchs. Et la toute première mesure à prendre après la grève des femmes devrait être l’adoption par le parlement d’un congé paternité de 4 semaines. Le cas contraire serait une catastrophe et démontrerait qu’il faut absolument faire entrer une génération plus progressiste au parlement. Le contre-projet de deux semaines de congé paternité serait tout de même un premier pas, même si ce n’est pas assez.» Du côté du PLR, on trouve un avis plus tranché: «Je suis favorable à un nombre fixe de jours de congé pour chacun des conjoints. Si on laisse la liberté de la répartition des jours de congé, on risque de se retrouver avec une majorité de femmes qui restent à la maison. Un congé paternité de deux semaines est déjà un standard dans beaucoup d’entreprises, cela semble être un minimum à inscrire dans la loi.»

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Des interpellations seront déposées par les Verts pour demander une meilleure protection face aux violences sexuelles et examiner les réformes nécessaires des dispositions pénales sur les infractions d’ordre sexuel. Sophie Buchs les soutient, elle ajoute qu’il s’agit aussi de mieux protéger les femmes contre les discriminations au travail, et de la régulation des heures non rémunérées. «On a vu les générations passées se battre pour la cause des femmes, on doit aujourd’hui se battre de manière plus générale pour l’égalité», tient à souligner Johanna Gapany. Et pour combattre «les inégalités que subissent les hommes», la PLR fribourgeoise soutient un «service citoyen» qui verrait chaque homme et femme s’engager quelques mois dans sa vie pour la société.

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La revendication de la gauche d’instaurer un salaire minimum à 4000 francs dans tout le pays provoque moins d’enthousiasme. Johanna Gapany soutient les conventions collectives de travail par secteur mais s’oppose à un salaire minimum qui entraverait la liberté économique. Sophie Buchs préfère les négociations salariales entre partenaires sociaux. Et ajoute qu’il s’agit aussi de «commencer à protéger les travailleurs de la nouvelle économie contre les employeurs qui utilisent le temps partiel ou le paiement par heure pour les sous-payer».

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