L'exiguïté des moyens financiers et la mutation de la menace justifient l'étude de la création d'un Département fédéral de la sécurité. Celui-ci regrouperait, sous une forme encore à définir, la sécurité extérieure et la sécurité intérieure, les forces d'engagement militaires et policières. Les réflexions de Samuel Schmid, qui ont convaincu le Conseil fédéral de procéder à un tel examen, vont dans la bonne direction. On demande de plus en plus à l'armée de se serrer la ceinture, ce qui est justifié par le fait que les missions de défense qu'elle a assurées durant la guerre froide ont perdu de leur acuité. A l'inverse, il paraît plus que jamais nécessaire d'investir dans la lutte contre les nouvelles gangrènes telles que le terrorisme et les mouvements extrémistes.

Comme l'armée et la police font certaines choses à double, dans les domaines de l'acquisition du renseignement, de la formation, de l'équipement, pourquoi ne pas regrouper ces forces? L'idée est assurément bonne. Mais elle est délicate à réaliser, car on ne peut pas marier sans autre forme de procès des corps de police professionnels et des miliciens qui ne portent l'arme et l'uniforme que quelques semaines par année. Comme le démontre le cas de la surveillance des ambassades étrangères, la formation des citoyens-soldats à des tâches particulièrement rébarbatives et pas toujours bien comprises pose un certain nombre de problèmes. En revanche, d'autres exemples comme le sommet du G8 ou le Forum économique de Davos démontrent que des collaborations sont tout à fait possibles à condition que les rôles de chacun soient bien déterminés. Rien de tel pour cela que de réunir les partenaires de la sécurité sous un même toit.