enquête

Un réseau de proxénétisme roumain a été démantelé par la police lausannoise

L’enquête, menée en collaboration avec la police roumaine, a permis d’identifier neuf prévenus et quinze victimes de traite d’êtres humains

Des enquêteurs de la police de Lausanne ont démantelé un réseau rom soupçonné de proxénétisme à Lausanne et en Europe, en partenariat avec les autorités roumaines. Une équipe d’enquête commune aux deux pays a interpellé mercredi dernier quatre suspects en Roumanie.

A la suite d’observations sur le terrain, les inspecteurs de la brigade des mœurs de la Police judiciaire de Lausanne (PJM) ont entamé fin 2016 des investigations dans le milieu de la prostitution roumaine. Ces démarches ont permis d’identifier plusieurs Roumains soupçonnés d’être des proxénètes et d’exercer des pressions sur des compatriotes se prostituant dans la rue à Lausanne, a indiqué lundi la police municipale.

Une jeune femme de 18 ans assassinée

L’enquête a permis d’identifier neuf prévenus et quinze victimes de traite d’êtres humains en Suisse et en Roumanie. Ces dernières étaient recrutées en Roumanie puis, dès leur majorité, placées sur le trottoir à Lausanne, sous la surveillance constante du clan. La plupart d’entre elles ont également été amenées à se prostituer dans d’autres pays européens tels que l’Italie, l’Allemagne ou la Norvège.

Lire aussi: Un rapport de l’ONU dénonce le manque de justice concernant la traite humaine

Une jeune femme de 18 ans faisant partie de ce réseau a connu un destin tragique: agressée fin novembre 2016 à Sullens par un client français, elle avait été retrouvée le visage défiguré et le corps transpercé de 26 coups de couteau dans une forêt du Doubs.

Pendant la durée de l’enquête, l’auteur principal, un Roumain de 34 ans, est suspecté d’avoir exploité plus de cinq prostituées. Les jeunes femmes devaient remettre la totalité de leurs gains aux souteneurs. Elles étaient menacées de mort et frappées lorsqu’elles ne se pliaient pas aux ordres des proxénètes.

Le témoignage de Tara, rescapée de l’enfer sexuel

Un collaboration helvético-roumaine concluante

L’argent était envoyé en Roumanie, notamment via des agences de transfert. Il était utilisé pour acheter des véhicules de luxe, et parfois dépensé dans des casinos.

Au cours de la procédure, une équipe commune d’enquête a été créée sous l’égide d’Eurojust entre le Ministère public du canton de Vaud et la Direction d’investigation du crime organisé et du terrorisme roumaine. C’est la première fois qu’un tel accord était signé entre les deux pays.

Grâce à l’excellente collaboration helvético-roumaine, onze perquisitions ont eu le 16 janvier dans les comtés d’Arges et de Maramures en Roumanie, ainsi qu’en ville de Lausanne. Trois policiers suisses ont participé à l’opération qui a conduit à l’arrestation de quatre Roumains. Des mandats d’arrêt européens ont été émis pour cinq autres suspects.

Les biens du réseau de proxénétisme, représentant plusieurs millions de francs et comprenant notamment cinq maisons, ont été saisis en vue de confiscation. L’entier des prévenus seront déférés devant la justice de Roumanie.

Publicité