Canton périphérique à l'économie faible, le Valais peut se réjouir de cette décision des CFF qui renforce de manière sensible les places de travail dans le Haut-Valais. Mais il faut placer cette démarche dans un contexte qui a été largement défavorable au canton ces dernières années. Les conséquences de la privatisation de Swisscom ont été vécues par les Valaisans comme un phénomène économiquement incompréhensible. Le canton a connu une longue période d'expansion avec la construction de grands centres coûteux à Martigny et Sion. Puis, une fois les infrastructures en place, presque tout le monde est parti, laissant des milliers de mètres carrés de locaux vides et bien équipés. Ceux qui se sont investis dans ces projets ont connu le destin de Sisyphe. Ils ont poussé la pierre au sommet de la montagne et l'ont ensuite regardée redescendre.

Aujourd'hui pourtant, avec le développement des réseaux informatiques, l'engorgement des zones urbaines, le canton possède de réelles chances d'obtenir de la Confédération ou de grandes sociétés la décentralisation de certaines activités. L'implantation du Contact Center à Brigue est un signe encourageant qui démontre que l'on peut du Valais gérer un service national. Et qui pourrait symboliquement annoncer le XXIe siècle sous un jour nouveau, comme il y a cent ans les premières industries annonçaient le développement industriel du canton.