Pendant dix ans, il a présidé Fenaco, puissante coopérative agricole suisse dont le chiffre d’affaires atteint 5,5 milliards de francs, propriétaire notamment des magasins Landi et Volg. Ce lundi, il a été nommé à la présidence de l’Aide suisse aux montagnards, organisation qui a reçu en 2013 des dons pour un montant de moins de 26 millions, réinvestis dans 617 projets de soutien à l’agriculture de montagne.

L’homme qui grandi dans une ferme isolée de la Broye vaudoise

Mais Willy Gehriger rit quand on lui parle de grand écart. Parce que depuis 2012, ce Vaudois est à la retraite, c’est-à-dire qu’il a entamé une «nouvelle tranche de vie», comme il l’appelle. Premier romand à présider l’Aide suisse aux montagnards, il précise d’emblée: «Ce n’est pas du tout le grand écart que l’on pourrait penser. Fenaco a au contraire toujours été préoccupée par le maintien de commerces dans les villages. Elle approvisionne 800 magasins de village, partant du principe que chaque localité doit pouvoir couvrir les besoins en alimentation de ses habitants». Et le nouvel homme de la situation n’oublie pas qu’il a grandi dans une ferme isolée de la Broye vaudoise.

Après des études d’agronomie, il se consacre d’abord à la recherche. En 1989, il entre à l’Union des coopératives agricoles de Suisse romande. A ce titre, il introduit les magasins Landi en Suisse romande puis contribue à la fusion des six fédérations coopératives régionales qui donnent naissance à Fenaco. «Il a fallu faire tout un travail pour convaincre les agriculteurs. Et nous avions également les médias contre nous. Tout le monde disait: les Suisses allemands vont venir nous bouffer!»

Soutenir «les bonnes idées»

A la tête maintenant de l’Aide suisse aux montagnards, Willy Gehriger reprend son bâton de pèlerin. Notamment pour faire connaître l’organisation en Suisse romande, lui donner une meilleure visibilité, encourager les bons projets. «La population agricole diminue à la montagne, c’est un fait. Il faut dès lors soutenir les gens qui ont de bonnes idées et élargir l’approche».

Pour le nouveau président, on aide également l’agriculture de montagne en soutenant des projets liés à l’accès aux soins, à la formation, aux commerces, à la production d’énergie, à l’utilisation des forêts, etc. «Je ne suis pas d’un naturel pessimiste. Quand on a réintroduit avec Fenaco les magasins de village, personne n’y croyait. Or, ça fonctionne. Le comportement des consommateurs est en train de changer. Je constate un retour à davantage d’authenticité. Il y a donc un marché pour ça. Et la montagne peut lui procurer des produits à forte valeur ajoutée».