Avec la démission de Joseph Voyame, l'Assemblée interjurassienne perd une partie de son âme et de sa crédibilité. Institution créée pour réconcilier Jurassiens et Jurassiens bernois, l'AIJ n'a pas de pouvoir. Elle n'est ni un parlement ni même un organe consultatif. Elle est une sorte de commission diplomatique, à qui les uns demandent des résultats rapides et les autres de ne pas trop bousculer ce que les plébiscites des années septante ont scellé.

Pour qu'une telle institution ait voix au chapitre, qu'elle ne soit pas seulement regardée avec un sourire en coin par le Conseil fédéral et les gouvernements bernois et jurassien qui lui ont refilé l'empoisonnante Question jurassienne, il lui faut de fortes personnalités, naturellement respectées. De véritables sages, qui inspirent le respect. Joseph Voyame a joué ce rôle, sans en tirer de grande reconnaissance.

A 76 ans, le devoir accompli et sachant que l'assemblée mettra beaucoup de temps à franchir de nouveaux paliers, il s'en va. Mais peut-être aurait-il pu user encore de son influence pour sensibiliser Rutz Metzler à la Question

jurassienne!

Joseph Voyame parti, qui reprendra le flambeau pour défendre l'Interjurassienne? Tous les regards se tournent vers son président Jean-François Leuba, dont la vigilance devra être totale pour éviter le piège de l'enlisement. Et Joseph Voyame laisse un fils spirituel: Claude-Alain Voiblet, appelé à devenir plus encore l'homme du rapprochement entre le Jura et le Jura bernois.

S. J.