Modernisation 

Un service pionnier de l’Etat de Vaud parie sur le télétravail

Pas de bureau attribué, jusqu’à 50% de travail à domicile, horaires flexibles: le Service du développement territorial vaudois modernise ses conditions de travail. Une première au sein de l’administration cantonale

Open space, télétravail, flexibilité des horaires, vidéoconférences: cet environnement de travail est plutôt associé à des start-up qu’à l’administration publique. Pionnier au sein de l’Etat de Vaud, le Service du développement territorial (SDT) casse ce cliché: il a entièrement réorganisé son fonctionnement afin de proposer à ses 78 employés des conditions de travail «dans l’air du temps», selon les mots de la conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro.

Pilier de cette modernisation, la possibilité de travailler jusqu’à 50% à distance. «C’était une revendication des collaborateurs, autant d’hommes que de femmes. Certains font un trajet considérable pour venir sur le lieu de travail», explique Pierre Imhof, chef du SDT. Hormis les secrétaires et les géographes, l’ensemble des collaborateurs, dont la direction, ne dispose plus de place de travail fixe. «En disant oui au télétravail, je ne voulais pas de bureaux inoccupés», souligne le responsable. Enfin, tous les dossiers et plans seront, à terme, numérisés.

Lire également: Le casse-tête des horaires de télétravail

Egalité hommes-femmes

Entamée en 2016, cette transformation découle de la volonté du Conseil d’Etat de concrétiser la transition numérique et d’encourager l’égalité hommes-femmes grâce à des horaires permettant de mieux concilier vie privée et vie professionnelle. Par souci d’améliorer les échanges avec les partenaires (communes, promoteurs), la ministre avait demandé la refonte du service dès sa prise de fonction à l’été 2015.

Un récent déménagement de locaux (à la suite de la surélévation du bâtiment à la place de la Riponne) a permis de repenser les lieux afin qu’ils soient adaptés à une manière de travailler plus flexible. Sur les deux étages réaménagés sentant encore le neuf et dominés par le blanc se côtoient une quarantaine de places de travail équipées de doubles écrans: salles de réunion, petites pièces vitrées, espace modulable pouvant accueillir jusqu’à 80 personnes, salle de repos.

Des casiers pour les affaires personnelles

«Les collaborateurs choisissent leur espace de travail selon la tâche à effectuer: une pièce fermée s’ils ont besoin de calme ou, au contraire, un espace ouvert permettant de discuter», illustre la cheffe du Département du territoire et de l’environnement (DTE). Au centre des locaux: les casiers permettant aux employés dépourvus de place fixe d’entreposer leurs affaires personnelles. Le nouvel agencement a permis d’économiser 17% de surface, selon le canton.

Lire aussi: Le travail à distance est devenu une normalité

En place depuis août 2018, le télétravail a déjà été adopté par trois quarts des employés (45 sur 68). Toutefois, les collaborateurs devront continuer à timbrer via leur ordinateur portable (fourni par l’Etat), entre 6h et 20h. Ils devront en outre être présents aux «réunions cruciales», a précisé Jacqueline de Quattro. Une étude de satisfaction sera réalisée auprès des collaborateurs.

La mue du SDT, inspirée des locaux des CFF à Berne, de La Mobilière et des Services industriels genevois, fait des envieux auprès d’autres services du canton, de grandes communes ou de l’université, qui se montrent «très intéressés», selon Pierre Imhof. La refonte a coûté 800 000 francs. Le Grand Conseil a par ailleurs avalisé un crédit de 2,6 millions pour le matériel informatique.

Publicité