C’est l’histoire d’un paradoxe, celui d’un pays longtemps tiraillé entre «l’esprit de Genève» et une neutralité érigée en mythe. Durant un siècle, la Confédération s’est montrée l’un des Etats les plus ouverts grâce à l’accueil des organisations internationales tout en restant l’un des plus sourcilleux sur son indépendance. La Suisse, ou l’art d’être en prise avec le monde sans vraiment y participer. Cette réalité devrait définitivement prendre fin ce jeudi avec son élection au Conseil de sécurité de l’ONU, dernière étape de sa normalisation. Ce sera la fin d’une exception.