Sondage en ligne

Un site pour évaluer la fibre scientifique des candidats aux Chambres

Les Académies suisses des sciences ont interrogé les candidats aux élections fédérales pour connaître leur position sur 14 enjeux environnementaux, énergétiques ou médicaux. Toutes les réponses sont en ligne

La fibre scientifique des candidats aux Chambres passée au crible

Sondage Environnement, santé, énergie: 14 questions ont été posées

Ni le PDC Suisse ni l’UDC ne sont favorables à la mise en place d’un système de dons d’organe basé sur le consentement présumé de la personne. En revanche, le PS se dit plutôt ouvert à cette solution, si elle est accompagnée d’une campagne d’information. Treize autres questions touchant à la santé, l’énergie, l’environnement et l’alimentation ont été posées aux partis, ainsi qu’aux candidats aux élections fédérales par les Académies suisses des sciences et le Fonds national suisse, en collaboration avec Smartvote.

Près de 2300 candidats sur 2700 ont répondu – plus de 80% – et indiqué s’ils sont favorables ou non à l’extension de la taxe sur le CO2 aux carburants, à la prolongation du moratoire concernant les plantes et les animaux génétiquement modifiés ou à l’instauration d’une vaccination obligatoire des enfants. L’ensemble des réponses a été mis en ligne jeudi sur la plate-forme sciencedebate.ch. Objectif: aider les électeurs à se forger une opinion sur la sensibilité des candidats aux enjeux scientifiques. «Il ne s’agit ni d’un ranking, ni de recommandations de vote, mais d’indications montrant dans quelle mesure les politiciens tiennent compte des messages des milieux scientifiques», explique Marcel Falk de l’Académie suisse des sciences.

«Entrer en dialogue avec les parlementaires»: c’est le second objectif de cette initiative, explique le président des Académies, Thierry Courvoisier, astrophysicien à l’Université de Genève. «Dans nos sociétés, trouver des solutions à long terme s’oppose souvent aux intérêts à court terme. Le rôle des scientifiques est d’apporter du savoir aux élus pour soutenir les processus de décision.»

«Inculture scientifique»

Présidente de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil des Etats, Géraldine Savary s’est pliée à l’exercice. En Suisse, constate la sénatrice socialiste vaudoise qui se représente, «le débat sur de grands enjeux comme les cellules souches, les OGM ou le diagnostic préimplantatoire se déroule au moment des votations». Mais en amont, «contrairement à d’autres pays, il est vrai qu’il manque une plateforme permettant de réunir de manière informelle les scientifiques et les parlementaires».

Membre de la Commission de la science du Conseil national, candidat aux Etats, le démocrate-chrétien vaudois Jacques Neirynck ne ménage pas ses collègues, critiquant leur «inculture scientifique». Rares à posséder une formation scientifique, «ils manquent d’informations sur des questions comme les analyses génétiques ou les OGM», dénonce-t-il, saluant l’appel au dialogue des Académies. Le professeur n’a pourtant pas encore répondu aux questions de ses pairs. Mais il promet d’y remédier dans les plus brefs délais.

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