Après Bâle, Berne, Genève, Zurich et Saint-Gall, c'est au tour de Neuchâtel de se lancer dans l'aventure «Nouveau stade de football». Jeudi au Théâtre du Passage, les autorités communales ont annoncé la signature d'un accord de principe avec deux partenaires privés, HRS AG et Coop, pour la réalisation d'un «complexe multifonctionnel» totalement neuf sur le site de l'actuel stade de La Maladière. Si tout se passe sans accroc, les travaux débuteront en automne 2003 pour une mise en fonction début 2006.

Le projet, même à l'état d'ébauche, est impressionnant. Les investissements sont estimés à plus de 200 millions de francs. Il sera composé d'un parking souterrain de 900 places. En surface, il abritera un centre commercial d'une surface d'environ 24 000 m2 pour 400 emplois et d'une caserne pour le Service d'incendie et de secours (SIS) de la Ville. Le stade de football se trouvera au «premier étage», sur le centre commercial. Sa capacité est estimée à 12 000 places assises. Enfin six salles de gymnastique seront construites au-dessus des locaux du SIS.

«Nous n'avons mis que deux mois pour parvenir à un accord», a relevé Didier Burkhalter, conseiller communal en charge des sports. Selon lui, tout est parti d'un coup de téléphone de la société HRS AG, une entreprise générale de Kreuzlingen déjà impliquée dans la construction de stades de football à Berne et à Saint-Gall et de plusieurs centres commerciaux, dont celui tout récent construit par Coop à Allaman, dans le canton de Vaud. «Le jour même, nous avons lancé une étude de faisabilité.»

Il faut dire que le règlement du problème de la Maladière, stade qui appartient à la Ville, se faisait pressant. Vétuste, il nécessitait une réfection rapide pour un coût estimé à 20 millions de francs. Depuis longtemps à l'affût d'une opportunité pour réaliser un centre commercial d'envergure dans la région, Coop a pris le train en marche. Le géant de la distribution renonce ainsi au projet de Gampelen, à quelques kilomètres de Neuchâtel mais sur territoire bernois, qu'il avait envisagé après avoir essuyé le refus des autorités de Marin, commune voisine de Neuchâtel.

Avec ce complexe, la Ville de Neuchâtel devrait pouvoir éviter de grever ses finances. Grâce à un «troc intelligent». Selon le montage envisagé, Coop et HRS débourseront l'ensemble des montants nécessaires à la réalisation du complexe. La clé de répartition n'a pas encore été définie. La commune, si le Conseil général donne son accord, mettra le terrain à disposition, soit par un droit de superficie, soit par une vente. En contrepartie, elle deviendra propriétaire «clés en main» d'un nouveau stade de football d'une valeur de 36 millions de francs, «sans débourser un centime», souligne Didier Burkhalter. La surface totale est de 32 000 m2, ce qui correspond à l'actuel antre de Neuchâtel Xamax et à la halle omnisports, construite il y a une vingtaine d'années et qui sera démolie.

Tel qu'envisagé, le stade sera conforme aux normes européennes et, du côté de la Ville, on le verrait de bon œil équipé d'une pelouse synthétique. «Une demande en ce sens a été déposée auprès des instances dirigeantes du football suisse. Cette solution permettrait de substantielles économies d'entretien par rapport au gazon. Sans compter qu'elle permettrait une occupation plus rationnelle des infrastructures.»

Pour Neuchâtel Xamax, c'est Noël avant l'heure. Freddy Rumo, son président, ne le cache pas: «Le stade est parfaitement dimensionné à la région. Nous pouvons ainsi envisager de jouer devant des gradins remplis, comme c'est le cas aujourd'hui à Bâle.» Mais il espère aussi que cette annonce favorisera la souscription publique d'actions que le club vient de lancer pour assainir son capital.